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Rosso: atelier de SOS/Esclaves sur la loi 048/2007 incriminant les pratiques esclvagistes 26 novembre, 2014

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SOS/Esclaves a organise a Rosso un atelier de formation sur la loi 048/2007 incriminant les pratiques esclavagistes. Cet atelier tenu a la Maison des jeunes de Rosso était destine a 20 membres de l’ONG.

M. Brahim Fall superviseur de SOS/Esclaves à Rosso a souhaité la bienvenue à la délégation et aux participants avant d’expliquer les objectifs de l’atelier. Ouvrant les travaux Mme Salimata Lam coordinatrice des projets de SOS/Esclaves a expliqué qu’il s’agissait d un programme d une année finance par le consulat du Royaume des Pays Bas et destine a deux wilayas: le Trarza et le Brakna. Il s agit d’informer sur les aspects procéduraux de la loi, le rôle de la société civile, sur les mesures d accompagnement qui font défaut, les insuffisances de la loi, les difficultés de son application, etc.

En effet depuis que cette loi existe on constate son inefficacité d autant que la société civile ne peut pas se constituer partie civile dans les procès ou les victimes sont souvent intimides au point de nier les faits.
Prenant la parole, Boubacar Ould Messoud, président de SOS/Esclaves a fait l historique du combat contre l esclavage en rappelant que c est dans cette même salle de la Maison des Jeunes qu’un tribunal militaire a juge une vingtaine de jeunes cadres harratines qui avaient ose au début des années 80 soulever cette question. Le président Messoud très ému, n a pas pu retenir ses larmes> Lui succédant, M. El Id Ould Mohamed Mbareck, avocat de SOS/Esclaves a démontre les insuffisances de la loi incriminant l esclavage en soulignant que des siècles dune pratique inhumaine ne pouvaient pas être balayes par un texte de quelques articles d’autant plus que la loi si on y réfléchit protège plus l oppresseur que l opprime.
Après la communication de l’avocat conseil de l’ONG, les participants ont fait un large débat autour de la question et des travaux d’atelier qui assurément ont permis de clarifier beaucoup de zones d’ombre.
CR. Djigo Aboubakry

Mauritanie : Liste complète des membres du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf 15 février, 2014

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Mauritanie : Liste complète des membres du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf    dans actualités conseils_ministres_aziz_new 

Après une semaine d’attente, la liste du gouvernement dirigé parMoulaye Ould Mohamed Laghdaf a été communiquée ce matin vers 11 heures sur la Télévision de Mauritanie (TVM).

Voici la liste des membres du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Sidi Ould Zein : ministre de la Justice
Ahmed Ould Teguedi : ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
Ahmed Dey Ould Mohamed Radhi : ministre de la Défense

Mohamed Ould Ahmed Salem Ould Mohamed Rare : Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation.

Sidi Ould Tah : Ministre des affaires économiques et du développement

Thiam Diombar : Ministre des Finances

Ahmed Ould Neini : ministre des Affaires islamiques et de l’enseignement originel.

Mohamed Ould Khouna : Le ministre du Pétrole et de l’énergie et des mines.

Sidi Mohamed Ould Maham : Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement

Ismail Bedde Ould Cheikh Sidiya : ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et de technologies de l’information et de la communication.

Naha Mint Mouknass : ministre du Commerce ,de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme.

Sydina Aly Mohamed Khouna: Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la modernisation de l’administration.

Ahmedou Ould Haddemin Ould Jelvoune : ministre de la Santé

Nany Ould Chrougha: Ministre de la Pêche et de l’Economie Maritime

Dr Fatima Habib : ministre de l’Urbanisme de l’habitat et de l’aménagement du territoire

Brahim Mbareck Ould Mohamed Mokhtar : Ministre du Développement Rural.

Yahya Ould Haddemin : ministre de l’Equipement et des Transports

Ahmed Salem Ould El – Beshir : ministre de l’hydraulique et de l’assainissement.

Ba Ousmane: ministre de l’Education nationale

Bekkaye Ould Abdel Malick : ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique

Fatima Fall Mint souwena : ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports

Lemina Mint Momma : Le ministre des Affaires sociales, de l’enfance et de la famille .

Amedy Camara : ministre de l’Environnement et du développement durable.

Diallo Mamadou Bathia : Ministre Secrétaire Général du Gouvernement.

Mekfoula Mint Legatt : ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères chargé du Maghreb et les Affaires africaines.

Awa Tandia : ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des Mauritaniens de l’étranger.
Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence www.cridem.org

 

Source : cridem.orf

Nouveaux aménagements à Bougamour (Tékane) 28 avril, 2013

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Le samedi 20 avril a eu lieu a tekane dans la moughataa de Rkiz le partage effectif de 515 ha sur les 600 que compte cet aménagement. En présence du conseiller du ministre du développement rural M. Abdallahi Ould Bah, le hakem de Rkiz, le chef d arrondissement du markaz de Tekane et le commandant de la brigade de gendarmerie de Rkiz. Nous tenons a noter qu’a aucun moment des discussions qui ont eu lieu, suivant les instructions du chef de l’état, les autorités ne sont intervenus, sauf pour la signature du procès verbal de  partage. La commission représentant les populations riveraines du projet Bougamour salue cette nouveauté qui fait honneur à la Mauritanie. Ainsi pour la première fois depuis l’indépendance de notre pays nous assistons à un événement pareil ici a Tékane. Nous avons toujours assisté impuissants aux expropriations des terres agricoles le plus souvent dans la brutalité et l’intimidation au profit de citoyens peu scrupuleux. Nous tenons ainsi a remercier le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdelaziz pour la clairvoyance et le courage qu’il a eus. Non seulement il a mis fin aux aménagements abusifs mais il a budgétisé avec les biens de l’état pour plus d’un milliard d’ouguiyas le financement de plus de 600 ha de terres agricoles dont le partage entièrement pris en charge par la commission représentant les populations a eu lieu de façon consensuelle et équitable. Il est à noter que cette commission est constituée de citoyens résidant dans cette commune. Il s’agit des populations d’Oum el ghoura, de Bougamour, Oum sleimane, Aker, Basra, Ndikine Aly Kane, Ech et Nakhaylat.

A noter aussi qu’Oum el ghoura avec plus de 650 familles a 120 ha alors que Bougamour qui a moins de 200 familles a obtenu 135 ha. Dans ces conditions, nous estimons irresponsable l’irruption de plusieurs voitures chargées de personnes venues de Nebbaghiya, Bareina avec des soit disant chefs traditionnels dont Moustafa Ould Seyid venus carrément déclarer que les populations de Bougamour sont leurs anciens esclaves donc incapables de détenir une quelconque terre. Nous nous reconnaissons dans la République Islamique de Mauritanie et nous pensons que ceci est déplorable. Heureusement les autorités ont pris les dispositions utiles.

Nous tenons aussi à remercier  le ministre du développement rural  M. Brahim Ould Mbarek qui a suivi personnellement tout le déroulement de ce projet et aussi à travers lui son conseiller M. Abdallahi Ould Bah qui suivi à la lettre les instructions et à su usé de sa connaissance du terrain et de la diplomatie pour venir à bout de cette difficile mission.

Nous demandons dans le futur une augmentation de la surface aménagée.

Nous espérons aussi recevoir bientôt son excellence M. le président de la République pour lui exprimer personnellement notre profonde gratitude.

Sy Amadou Ibrahima dit Clédor, membre de la commission représentant les populations riveraines du projet Bougamour

Hommage à Ba Mbaré 13 janvier, 2013

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Hommage à Ba Mbaré dans actualités ba_mbare_0270

     Natif de Wali Diantang, du département deMaghama dans la Wilaya       du GorgolMBare issu d’une famille peulhe guerrière les Yaalalbe, à rendu l’âme au petit matin du vendredi 11/1/2013. Une triste nouvelle pour laRépublique Islamique de Mauritanie qui perd l’un de ses valeureux fils.
L’homme a quitté ce monde d’ici bas, fait de violence et de plus en plus de déshumanisation de valeurs à-morales. Pour ceux qui connaissent très bien feuMBare, ont connu en lui un homme avec un franc parlé, loyal, affable fidèle et très attaché à ses principes. L’opportunisme et la cupidité n’ont jamais guidé ses attitudes et ses ambitions, loin de là.

Durant tout son parcours professionnel, il a su incarner les vertus de courage, l’assistance aux victimes d’injustices et surtout, la loyauté et l’attachement à laMauritanie. L’homme n’a jamais versé dans la calomnie.

Il a toujours osé dire tout haut ses idées et positions et les défendre sans hypocrisie, ni opportunisme, chose rare dans notre monde d’aujourd’hui. À cause de cette franchise, certains le trouvaient comme un homme difficile de caractère. Il s’agit là bien sûr d’un jugement non fondé et c’est bien le contraire. Ce ne sont-ils pas les auteurs de ces jugements qui le sont ?

Ceux là attachés à cette société infestée de contre-valeurs faites de dénégation de toute attitude exemplaire et hostiles à l’amour pour autrui, à la franchise, à l’intégrité morale, et à la solidarité sociale, autant de valeurs cardinales qui déterminent la personnalité de base qui a jusqu’ici caractérisé notre société de référence mais qui cède de plus en plus de place à des formes de sociétés individuelles ou les valeurs cardinales précitée trouvent de moins en moins leur point d’ancrage .

C’est dire donc, que ce sont les hommes qui se réfèrent à ces sociétés dépravées qui sont de caractères difficiles, mais pas l’homme qui vient de nous quitter et ceux qui partagent les mêmes valeurs que lui. . Mbare nous a quittés tout en incarnant ses valeurs cardinales.

En 2009, tout le monde se rappelle le rôle éminemment patriotique qu’il a joué. En effet, Il a su dans un contexte de crise politique, rester au service de la Nation quand il occupait les fonctions de président de la République Intérimaire.

Et en dépit des mauvais esprits qui voulaient le diaboliser, après le coup d’Etat de 2008, Mbaré a démontré sa capacité d’être à la hauteur de cette mission sans aucun signe de difficulté. Comme tout peulh fier de ses origines ou comme diront certains son Poulaagou, Feu MBare tenait à sa dignité d’abord et rien que sa dignité. Durant cette période, Dieu merci il en est sorti aggrandi et avec lui toute laMauritanie.

Ceux qui connaissent ses rapports avec le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, savent que ce dernier, à toujours manifesté une grande considération à Feu MBare, même si dans la calomnie et les manœuvres perfides entretenues par un certain COE auprès du Président, les relations entre les deux hommes semblaient donner l’air d’être souvent conflictuelles.

Non, le Président Aziz, son Premier ministre et le président Messoud Ould Belkheir ont toujours fait montre d’une grande considération et de respect réciproque pour feu MBare. Ces trois hommes savent distinguer les personnes valeureuses. Et Ceux qui sont proches de MBare, témoignent également qu’il recommandait à son entourage la fidélité à l’Etat et aux hommes qui l’incarnent car un pays se respecte par ses dirigeants et la Mauritanie disait il souvent à ses proches, doit rester unie autour de son dirigeant qui œuvre pour tous ses fils.

Par ces lignes, j’ai tenu à rendre un grand hommage à celui qui à œuvré pourMauritanie. A toute la Mauritanie, je présente toutes mes condoléances. À tous et toutes, je demande de prier pour lui et souhaiter qu’Allah l’accueille dans son saint paradis. Inallilahi wo ina illeyhou Raajioun.

BA Saidou – Cire BA  (Source : cridem.org)

 

L’histoire culturelle du Fuuta-Tooro Par Ibrahima Moctar Sarr 1 avril, 2012

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25th août, 2010 – Posted by Ibrahima Sarr

On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre.

Ne dit-on pas que le vrai haal-pulaar n’émigre jamais définitivement tant qu’il peut, de temps à autre, fredonner un air de léelé le soir, lorsque la pleine lune aux prises avec les nuages taquins, arrose de sa belle clarté la nature. C’est que, comme l’a écrit le poète-historien-chroniqueur, feu Youssouf Guèye :

« Le chant (chœur ou solo) qui s’élève avec les coups de pilon dans la profonde solitude des hameaux de campagne, la note sanglotée d’un ‘ñaañooru’ dans le calme des pâturages, un couplet qui fuse avec le chant des oiseaux, des débarcadères ensoleillés, c’est toujours (pour le foutankais) une sorte de mystérieuse vague d’émotion, faite d’obscures nostalgies et d’indéfinissables souvenirs qui monte des tréfonds de l’être ».

Le peuple multi-séculaire, que les Blancs ont désigné sous le vocable de Toucouleurs, peut être à cause de la teinture plus ou moins prononcée de sa peau à mesure qu’on va d’un groupe à l’autre de cet ensemble ethnoculturel, a fait de sa mémoire collective un complexe de puissante émotivité et d’un sentiment profond d’être pétri dans le limon nourricier qui charrie les eaux de fleuve.

Le Fuuta-Tooro d’aujourd’hui, à cheval sur deux Républiques : la Mauritanie et le Sénégal, portait en fait le nom évocateur de Niamandiru (Terre d’abondance). Vers le XIème siècle, il devient le Tekrour. Ses premiers occupants étant des Sérères, des Wolofs et des Soninkés dont le métissage avec le groupe peul a donné le type haal-poulaar d’aujourd’hui. La tradition voudrait que ce soit le chef des Manna War Diabi N’Diaye qui islamisa la région après avoir vaincu les Dia ogo. C’est lui qui imposa la langue peule par cette injonction ! Parle pulaar ! Haal pulaar !

L’histoire mouvementée de cette région déchirée par guerres incessantes, le Tekrour sera annexé par l’empire Soninké du Ghana au XIIème siècle et par celui du Mali (Mandingue) au XVème siècle avant l’empire de Gao. Koli Tenngela réalisera définitivement son unité en 1512 et le pays s’appelera désormais Fuuta-Tooro. Il avait déjà réalisé la symbiose des cultures de toutes ces influences avant d’en réexporter le produit à travers toute l’Afrique de l’Ouest, du Mali au cameroun et au Nigeria notamment grâce aux expéditions de Ousmane Dem Foodeejo (Ousman Dan Fodio) et Oumarul Fuutiiya (El hadj Oumar).

C’est que les berbères Sanhadjas étaient déjà passés par là. Le fils de War Diabi aurait même participé à l’expédition des Almoravides. Les conquérants marocains plus tard venus jusqu’aux confins des fleuves Niger et Sénégal avec leurs guerriers hormankoobe, ont renforcé la présence arabe des Béni Hassan dans cette terre déjà islamisée depuis les caravanes transsahariennes à la recherche de l’or et des esclaves. Le paysan poète de la vallée du fleuve Sénégal se familiarise avec les vers somptueux de Antar et Umarul Qaïs de la période de la Jahilia. L’arrivée des Européens constitue le choc culturel le plus violent et le poète pleurera le Tam-Tam crevé, les cordes de la guitare coupée, les feux éteints de la place publique.

C’est alors que les traditions du terroir agressé iront se réfugier dans les dernières chansons initiatiques du fond statique permanent de la littérature castée du Fuuta-Tooro.

Ce pays situé entre le Grand Sahel au Nord et le Ferlo au Sud, se présente comme un îlot de fertilité et d’abondance avec ses cultures saisonnières, sa double récolte annuelle qui favorise une interpénétration des peuples. On peut affirmer avec sa force que la véritable littérature du Fuuta Tooro est née de ce brassage fortement coloré des influences Mandingues au Sud-Est, Berbères et Arabes, au Nord, Wolof et Sérère, à l’Ouest. L’oralité de cette littérature a été jusqu’à récemment, le fondement essentiel, même si grâce à l’Islam, l’écriture arabe a permis d’en codifier certains aspects tout en réorientant systématiquement la production culturelle vers les œuvres pieuses et contre le paganisme officiel en déroute.

Affectation littéraire des castes

La société haal pulaar est composée de trois grandes catégories.

Les rimbe (nobles) qui comprend les Peuls, les Torobbe, les Sebbe, les Subalbe, les Jaawambe.

Les Neemne (artisans) et artistes laudateurs avec les Maabube (tisserands), les Waylube (forgerons), les Sakkeebe (Cordonniers), les Lawbe (bûcherons), les Wambaabe (guitaristes), les mabube sundu paté, les Awulube (griots).

Les jiyaabe (esclaves).

Avant l’avénement de la caste des Toorobbe, et surtout après l’institution de l’almimya, la société pulaar avait su maintenir son équilibre en s’appuyant sur la diversité de sa composition sociale. Cette diversité manifestée au niveau des castes était perçue à l’époque en terme d’égale complémentarité. Les rapports entre les différents groupes socio-professionnels étaient beaucoup plus souples que ceux auxquels on assiste aujourd’hui, dans la mesure om le mythe fondateur les renvoie dans l’ensemble aux mêmes ancêtres communs, à la même ascendance.

On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre. Mais le fait est bien là, les esclaves constituent aujourd’hui une caste au même titre que les autres, importante numériquement bien sûr, dont la descendance continue de porter la condition infériorisée comme une tare génétique.

L’origine hétéroclite et fort récente de la caste torodo qui provient de toutes les autres castes réunies sous la bannière de l’Islam, fait qu’on ne trouve aucune allusion à celle-ci dans le discours du mythe fondateur. Le langage populaire définit ainsi le fuuta : « leydi awoobe e Aynaabe » (le pays des pêcheurs et des pasteurs).

En vérité, toutes ces castes se rattachent, à l’origine, à l’ancêtre commun peulh, lequel, devient bûcheron par-ci, cuballo (pêcheur) par-là, griot-bambaado par ailleurs, etc. De là s’est codifié tout un mode d’expression littéraire casté sans être exclusif ni hermétique. Chaque groupe prend une fonction dans la gestion du patrimoine culturel commun, étant entendu que cette culture a un rôle, avant tout, fonctionnel, focalisé participant effectivement dans l’organisation de la vie quotidienne des populations. La notion de l’Art pour l’Art » n’existait pas en effet dans ces sociétés.

A côté de ces affectations de fonction, il existe un fond commun constitué d’abord par les contes et légendes qui participent de l’éducation de toute la société depuis l’enfance jusqu’à l’âge mûr. Les petits enfants en face de la grand-mère devant le feu de bois, prennent les premières leçons de la vie grâce aux petetites histoires des bêtes de brousse. Les adultes, après les durs travaux, se reposent le soir en écoutant les grands poètes et maîtres de la parole raconter les grandes épopées et les légendes des grands hommes qui incarnent le courage, la bonté, la bravoure et l’amour. C’est dans le fond statique permanent qu’on classe aussi certains genres littéraires comme le « leelé » et ses dérivés qui méritent une place de choix.

Le « leelé » est universel en milieu pulaar. Son origine reste inconnue. Certains l’attribue à une origine arabe. Pour eux, le terme même « leelé » vient du mot arabe « Leila » (la nuit). Cette thèse est réfutée par des spécialistes comme feu Boubou Sall de Podor qui affirmait avec force argument que le « leelé » est bien une création locale et que bien avant son grand promoteur, Sidi Chérif de Thilogne, il avait connu beaucoup d’interprètes. Toujours est-il que le « leelé » doit beaucoup au genre « sooraw » qui est une adaptation réussie des poèmes chantés de antar et Umarul Qaïs, les grands poètes arabes de la Jahiliya.

La beauté de la nuit, le charme des rencontres amoureuses, la description voluptieuse de la beauté féminine, les évocations nostalgiques de lieux auxquels va la pensée du poète…Tout cela participe du genre « leelé » et de ses dérivés. De grands artistes ont marqué le « leele », parmi eux feu Samba Joop, Abbullay Ceenel Faal. Aujourd’hui, Aamadou Tammba Joop garde la flamme du renouveau.

Quant aux formes saisonnières qui sont aussi à classer dans le patrimoine commun tout en se distinguant du fond statique permanent, elles sont innombrables et d’inspiration circonstancielle. Elles s’évanouissent en effet avec leurs auteurs et souvent avant eux. Ce sont des œuvres qui tiennent une place marginale car elles procèdent de la création des malankoobe (troubadours de notoriété, artistes solitaires ou groupés au fait de la gloire) qui créent des airs nouveaux inspirés par les chansons des jeunes filles du village qui pilent le mil en cadence ou claquent les mains devant les lutteurs en sueur à la place publique.

Bayal Samba Teen a incarné, vers les années 30, ce genre. Une génération plus récente s’est imposée : il s’agit des Samba Di’iye Sal, Sidi Baylel Caam, Birome Njaay, Aali Hammadi Aali, etc. de nos jours, se sont les musiciens modernes dirigés par le leader Baaba Maal qui perpétuent le genre en le modernisant, tout en intérgrant les autres formes littéraires du Fuuta et d’ailleurs. Citons, entre autres : Ousman Hammadi Joop, Ngaari Law (qui se veut l’héritier de Bayal Sammba Teen), Demba Jah, Accaa Wele, Abuu Jubaa Deh, etc.

La littérature castée se retrouve essentiellement dans le fond statique permanent qui est composé du Pekaan, le chant des Subalbe (pêcheurs), le Gummbalaa, chant de Sebbe (guerriers), le Dillere des Maabube (tisserands) de métier et de tradition.

Sammba Dooru Maabo et Umar Gafo ont été les grands interpètes du Dilleré. Les tisserands constituent un groupe très attaché aux « sciences occultes » lesquelles sont intimement liées à l’apprentissage du métier. Les artisans manient leurs instruments et les formules magiques avec la promptitude du pêcheur ou du guerrier apprêtant ses armes. Le chanteur de Dillére inspiré et doué rend compte de ce duel permanent entre le tisserand et son métier en y mettant tous les ingrédients généalogiques où les cousins, forgerons, cordonniers et bûcherons se retrouvent dans une lointaine filiation.

La fonction spécifique et les influences extérieures : Quelques repères- Le pekaan des subalbe (pêcheurs)

Le pekaan est sans contexte l’un des éléments les plus populaires de la littérature pulaar en Afrique occidentale. Composé de longs poèmes et des passages incantatoires pratiquement inintelligibles, récités par les seuls initiés, le Pekaan aurait une origine ésotérique. Pour les populations du bord du fleuve, le mystère des eaux et le caractère troublant de quelques phénomènes fluviaux, comme l’apparition de certains phénomènes fluviaux, comme l’apparition de certains « être surnaturels » ou de bêtes inconnues, ne peuvent trouver qu’une explication métaphysique. Jom Maayo, « Caammmaaba », Munu Maaya, sont des divinités maîtresses des eaux dont il faut implorer le soutien pour que la pêche soit bonne ou pour vaincre de Ngabu (hypopotame) ou le Ngary Maayo (Caïman) à l’occasion de duels meutriers.

L’examen minutieux des incantations révèlent une forte présence de la langue sérère et wolof. Ce qui confirme la parenté génétique des pêcheurs du Fuuta avec ces groupes ethniques qui se trouve matérialisée par les mêmes noms : Guèye, Gaye, Sarr, Diop, etc. Guellaay Ali Faal a attaché son nom au Pekaan.

- Le gummbalaa des Sebbe

Le Gummbalaa est le chant de guerre des Sebbe : il jouera le même rôle que Vaghou chez les Maures. On l’appelle aussi « Kontimpaaji » au jimdi peyya yiiyam (chant du sang). Il se rattache historiquement au Bawdi Alamari : (les tam-tams royaux de l’ère des satiguis peulhs Deniyanke). C’est la littérature héroïque, avec des poèmes épiques bellicistes. C’est le mépris de la mort et de la douleur qui est magnifié, c’est l’hymne à la bravoure et àtoutes les formes de courages.

Les thèmes sont variés. Des chansons de geste dédiées à Samba Gelaajo Jeegi l’évocation historique des conquêtes de Koli Tengela, descriptions surréalistes de chants de bataille (Bilbassi). Là aussi parfois d’un vocabulaire inintelligent et qui s’apparente beaucoup au Soninké et au Bambara accrédite la thèse de l’influence mandingue dans cette forme littéraire qui se serait développée avec les conquêtes de Koli Tengela. Si le Gummbala est attribué aux Sebbe, il appartient également aux Peulhs, les Sebbe étant en fait des guerriers attachés aux dynasties peuls denianké.

A signaler également que les Sebbe eux-mêmes ont des laudateurs issus de la caste des lawbé (bûcherons) qui sont les lawbé gummbalaa (bûcherons chanteurs de gummbalaa). Le rayonnement culturel de l’empire du Mali s’étend sur toute la Sénégambie, la Guinée et même la Mauritanie du Nord-Est. Les influences musicales (instruments et airs musicaux) du Mali sur les tribus Oulad Mbareck ont donné la forme définitive du Howl maure. Les mêmes airs de guitare se jouent partout de la même façon à Néma, Bamako, Dakar et Conakry.

Les Beytis ou les formes islamiques

Une nouvelle expression littéraire est née avec l’islamisation du Fuuta. Les beytis et bourdis sont des poèmes religieux sermonnaires, chantés en général par les « almaddas » à la gloire de l’Islam, du prophète Mohamed (Sas) ou des grands saints, en particulier Cheikh Ahmed Tidjane et El haj Oumar Tall. Le Guiri est une forme ancienne qui inspire aujourd’hui les almoubbe Ngay (sorte d’étudiants finissants qui composent des poèmes en l’honneur de leurs professeurs à l’occasion de la remise des diplômes.

Les poèmes de Thierno Abdourahmane de Banadji dit « Thierno Boy » sont très célèbres. Niokkane Djiby Selli est aujourd’hui un de ses élèves les plus en vue. Mohamadou Ali Caan est un écrivain prolixe. Sa Gacida sur El Haj Oumar comporte plus de neuf mille vers ! Cette littérature religieuse orale ou écrite était le fait de certains éléments fortement islamisés et pour l’essentiel appartenant à la caste Torodo, même si elle est de fait un patrimoine commun à toutes les castes.

La forme poétique est empruntée à l’arabe et à sa versification. Elle va jusqu’à la traduction littérale de textes arabes anciens réadaptés au contexte des haal pulaaren. L’empreinte de l’Islam sur la société pulaar est en fait tellement accomplie que le mode de penser lui-même a fait sien les canons de la logique dogmatique enseignée par les saintes écritures.

Voilà le Fuuta Toro au carrefour des civilisations, où pour paraphraser encore tène Youssouf Guèye, car il faut conclure, « en pays pulaar sans doute plus qu’ailleurs, la littérature a aussi des senteurs de terroir. L’horizon pour le rural, du Dimat au Damga, c’est le champ de mil ou de maïs, la savane verte trois mois de l’année et drapée de toutes les nuances de fauve le reste du temps, le fleuve si familier et pourtant si plein de dangereuses inconnues. La nature est théâtre. Le ciel témoigne…le poème est aussi souvenir…les airs de leele évoquent toujours le grisaille de bancs des maisons. Cette teintée d’ocre des vases paysages du Walo à mil, de même que l’on décèle la fraîcheur du yarkoma dans les évocations nocturnes du Pekaan.

Le fantang des Peuls bergers

Il semble bien que le premier air transcrit en note sonore d’une guitare serait le Fantang. C’est le chant d’un oiseau sur une branche qui inspira le guitariste du Saygalaare. Notes épiques où les épopées les plus célèbres de Aamadu Sam Poulel, Umarel Sawa Donde, Yero Maama, côtoient l’évocation langoureuse de l’éternelle errance des maîtres de troupeux devenus ça et là des propriétaires terriens ou des guerriers redoutables fondateurs de dynasties. Sammba Taba Kali, est un Maabo Soudu Paté qui a magnifié le Fantang. Certaines formes dérivées du Fantang, et qui s’apparentent des formes saisonnières, ont connu de grands moments dans la littérature peulh. Le Bodial, entre autres, a été incarné par Mamadou Fatel Bâ.

Le Kéroode, ou Kéronde, est attribué aux chasseurs. Or, il n’existe pas aujourd’hui de castes de chasseurs à proprement parler. Cette caste aurait-elle exister ? La question reste posée. Il n’en demeure pas moins que certains groupes socio-professionnels s’y adonnent en particulier, notamment ceux qui sont en rapport avec la faune et pratiquent la chasse pour se nourrir ou pour se défendre contre les fauves. Il est fréquent de voir des villages entiers se mobiliser pour organiser des battues en vue d’éradiquer le fléau constitué par les bêtes sauvages qui dévastent les cultures et le bétail errant.

Certaines familles se spécialisent alors dans la conservation des incantations (formes magiques) et du cri de guerre ou Kerrode qui galvanise le chasseur et est censé le rendre invulnérable.

Le Naale des Jiyabe (esclaves)

Se sentant rejétés dans l’expression littéraire des autres castes, les esclaves ont créé leur propre forme littéraire : le Naale. Au départ, cette littérature ne concernait que les éléments de la caste. Des poèmes, d’une extrême liberté, qui participe d’une forme de littérature corrosive destinée à corriger les travers de la société qui sont la paresse, l’égoïsme, l’avarice, etc. Tant que le Naale en restait là, il était normal aux yeux des autres castes.

Mais dès qu’il commenàa à devenir révolutionnaire, en s’attaquant au fondement même de la société castée, il était devenu un scandale. Pour mettre fin à cette tendance, les défenseurs de l’Islam, les marabouts décrétèrent que le Naale est un péché de même que l’utilisation du petit tam-tam qui l’accompagne. Il y a également les castes qui sont investies de mission en faveur d’autres castes ou de toute la communauté dans son ensemble. C’est le cas des griots laudateurs maîtres du Yélaa, les Lenngui et bawdi-alamari, celui des griots guitaristes. Les Lawbe (bûcherons) sont parfois des laudateurs de Sebbe (guerriers). Ce sont les Lawbe-Gummbala). Nous avons vu les bûcherons laudateurs des Peulhs que sont les Maabube Suudu Paté. Il faut également citer les tisserands laudateurs des Jawambe (caste dite des courtisans), les Mabube-jarwanbe, à ne pas confondre avec les Mabube tisserands qui ont le Dillere comme fonction littéraire spécifique.

Dans l’affectation des fonctions littéraires, il faut noter qu’il existe des passerelles très fortes entre certains groupes comme par exemple, nous l’avons vu, les cordonniers, les bijoutiers, les bûcherons, les tisserands, les griots, guitaristes, mais aussi entre les Subalbe pêcheurs et les Peulhs bergers (les Diao dalli) et entre les Subalbe et les Sebbe guerriers (les mariages sont fréquents entre ces deux castes).

Par : Ibrahima Moctar Sarr

Bibliographie

Youssouf Guèye : Aspects de la littérature Pulaar en Afrique Occidentale. Essais. Sakho Mamadou Dickall : La place des beyti dans la littérature Pulaar. Mémoire de fin d’études. ENS de Nouakchott. Bâ Moussa : L’éthique Pulaar dans la poésie du Alhajji Banal. Mémoire de maîtrise, ENS de Nouakchott. Bâ Mohamed Daha : le Naale d’hier et d’aujourd’hui. Mémoire de fin d’études, ENS Nouakchott. Amadou Abel Sy : La geste Tiédo. Thèse de doctorat de 3ème cycle, Dakar, 1980. Yaya Wane : les Toucouleurs du Fuuta Toro. IFAN, Dakar

Tags: castes, culture pulaar, fouta tooro, ibrahima moctar, pulaagu

Posted on: août 25, 2010

Filed under: Connaissance et savoirs, Culture, Histoire des peuls, Sociologie du pulaagu, Société peule

 

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