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L’histoire culturelle du Fuuta-Tooro Par Ibrahima Moctar Sarr 1 avril, 2012

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25th août, 2010 – Posted by Ibrahima Sarr

On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre.

Ne dit-on pas que le vrai haal-pulaar n’émigre jamais définitivement tant qu’il peut, de temps à autre, fredonner un air de léelé le soir, lorsque la pleine lune aux prises avec les nuages taquins, arrose de sa belle clarté la nature. C’est que, comme l’a écrit le poète-historien-chroniqueur, feu Youssouf Guèye :

« Le chant (chœur ou solo) qui s’élève avec les coups de pilon dans la profonde solitude des hameaux de campagne, la note sanglotée d’un ‘ñaañooru’ dans le calme des pâturages, un couplet qui fuse avec le chant des oiseaux, des débarcadères ensoleillés, c’est toujours (pour le foutankais) une sorte de mystérieuse vague d’émotion, faite d’obscures nostalgies et d’indéfinissables souvenirs qui monte des tréfonds de l’être ».

Le peuple multi-séculaire, que les Blancs ont désigné sous le vocable de Toucouleurs, peut être à cause de la teinture plus ou moins prononcée de sa peau à mesure qu’on va d’un groupe à l’autre de cet ensemble ethnoculturel, a fait de sa mémoire collective un complexe de puissante émotivité et d’un sentiment profond d’être pétri dans le limon nourricier qui charrie les eaux de fleuve.

Le Fuuta-Tooro d’aujourd’hui, à cheval sur deux Républiques : la Mauritanie et le Sénégal, portait en fait le nom évocateur de Niamandiru (Terre d’abondance). Vers le XIème siècle, il devient le Tekrour. Ses premiers occupants étant des Sérères, des Wolofs et des Soninkés dont le métissage avec le groupe peul a donné le type haal-poulaar d’aujourd’hui. La tradition voudrait que ce soit le chef des Manna War Diabi N’Diaye qui islamisa la région après avoir vaincu les Dia ogo. C’est lui qui imposa la langue peule par cette injonction ! Parle pulaar ! Haal pulaar !

L’histoire mouvementée de cette région déchirée par guerres incessantes, le Tekrour sera annexé par l’empire Soninké du Ghana au XIIème siècle et par celui du Mali (Mandingue) au XVème siècle avant l’empire de Gao. Koli Tenngela réalisera définitivement son unité en 1512 et le pays s’appelera désormais Fuuta-Tooro. Il avait déjà réalisé la symbiose des cultures de toutes ces influences avant d’en réexporter le produit à travers toute l’Afrique de l’Ouest, du Mali au cameroun et au Nigeria notamment grâce aux expéditions de Ousmane Dem Foodeejo (Ousman Dan Fodio) et Oumarul Fuutiiya (El hadj Oumar).

C’est que les berbères Sanhadjas étaient déjà passés par là. Le fils de War Diabi aurait même participé à l’expédition des Almoravides. Les conquérants marocains plus tard venus jusqu’aux confins des fleuves Niger et Sénégal avec leurs guerriers hormankoobe, ont renforcé la présence arabe des Béni Hassan dans cette terre déjà islamisée depuis les caravanes transsahariennes à la recherche de l’or et des esclaves. Le paysan poète de la vallée du fleuve Sénégal se familiarise avec les vers somptueux de Antar et Umarul Qaïs de la période de la Jahilia. L’arrivée des Européens constitue le choc culturel le plus violent et le poète pleurera le Tam-Tam crevé, les cordes de la guitare coupée, les feux éteints de la place publique.

C’est alors que les traditions du terroir agressé iront se réfugier dans les dernières chansons initiatiques du fond statique permanent de la littérature castée du Fuuta-Tooro.

Ce pays situé entre le Grand Sahel au Nord et le Ferlo au Sud, se présente comme un îlot de fertilité et d’abondance avec ses cultures saisonnières, sa double récolte annuelle qui favorise une interpénétration des peuples. On peut affirmer avec sa force que la véritable littérature du Fuuta Tooro est née de ce brassage fortement coloré des influences Mandingues au Sud-Est, Berbères et Arabes, au Nord, Wolof et Sérère, à l’Ouest. L’oralité de cette littérature a été jusqu’à récemment, le fondement essentiel, même si grâce à l’Islam, l’écriture arabe a permis d’en codifier certains aspects tout en réorientant systématiquement la production culturelle vers les œuvres pieuses et contre le paganisme officiel en déroute.

Affectation littéraire des castes

La société haal pulaar est composée de trois grandes catégories.

Les rimbe (nobles) qui comprend les Peuls, les Torobbe, les Sebbe, les Subalbe, les Jaawambe.

Les Neemne (artisans) et artistes laudateurs avec les Maabube (tisserands), les Waylube (forgerons), les Sakkeebe (Cordonniers), les Lawbe (bûcherons), les Wambaabe (guitaristes), les mabube sundu paté, les Awulube (griots).

Les jiyaabe (esclaves).

Avant l’avénement de la caste des Toorobbe, et surtout après l’institution de l’almimya, la société pulaar avait su maintenir son équilibre en s’appuyant sur la diversité de sa composition sociale. Cette diversité manifestée au niveau des castes était perçue à l’époque en terme d’égale complémentarité. Les rapports entre les différents groupes socio-professionnels étaient beaucoup plus souples que ceux auxquels on assiste aujourd’hui, dans la mesure om le mythe fondateur les renvoie dans l’ensemble aux mêmes ancêtres communs, à la même ascendance.

On ne naissait ni Ceddo, ni peul-berger, ni cubbalo, on le devenait tout simplement selon son tempérament, ses aptitudes et les circonstances – la condition d’esclaves, elle, ne procède d’aucune essence. On devenait esclave à la suite des captivités de guerre. Mais le fait est bien là, les esclaves constituent aujourd’hui une caste au même titre que les autres, importante numériquement bien sûr, dont la descendance continue de porter la condition infériorisée comme une tare génétique.

L’origine hétéroclite et fort récente de la caste torodo qui provient de toutes les autres castes réunies sous la bannière de l’Islam, fait qu’on ne trouve aucune allusion à celle-ci dans le discours du mythe fondateur. Le langage populaire définit ainsi le fuuta : « leydi awoobe e Aynaabe » (le pays des pêcheurs et des pasteurs).

En vérité, toutes ces castes se rattachent, à l’origine, à l’ancêtre commun peulh, lequel, devient bûcheron par-ci, cuballo (pêcheur) par-là, griot-bambaado par ailleurs, etc. De là s’est codifié tout un mode d’expression littéraire casté sans être exclusif ni hermétique. Chaque groupe prend une fonction dans la gestion du patrimoine culturel commun, étant entendu que cette culture a un rôle, avant tout, fonctionnel, focalisé participant effectivement dans l’organisation de la vie quotidienne des populations. La notion de l’Art pour l’Art » n’existait pas en effet dans ces sociétés.

A côté de ces affectations de fonction, il existe un fond commun constitué d’abord par les contes et légendes qui participent de l’éducation de toute la société depuis l’enfance jusqu’à l’âge mûr. Les petits enfants en face de la grand-mère devant le feu de bois, prennent les premières leçons de la vie grâce aux petetites histoires des bêtes de brousse. Les adultes, après les durs travaux, se reposent le soir en écoutant les grands poètes et maîtres de la parole raconter les grandes épopées et les légendes des grands hommes qui incarnent le courage, la bonté, la bravoure et l’amour. C’est dans le fond statique permanent qu’on classe aussi certains genres littéraires comme le « leelé » et ses dérivés qui méritent une place de choix.

Le « leelé » est universel en milieu pulaar. Son origine reste inconnue. Certains l’attribue à une origine arabe. Pour eux, le terme même « leelé » vient du mot arabe « Leila » (la nuit). Cette thèse est réfutée par des spécialistes comme feu Boubou Sall de Podor qui affirmait avec force argument que le « leelé » est bien une création locale et que bien avant son grand promoteur, Sidi Chérif de Thilogne, il avait connu beaucoup d’interprètes. Toujours est-il que le « leelé » doit beaucoup au genre « sooraw » qui est une adaptation réussie des poèmes chantés de antar et Umarul Qaïs, les grands poètes arabes de la Jahiliya.

La beauté de la nuit, le charme des rencontres amoureuses, la description voluptieuse de la beauté féminine, les évocations nostalgiques de lieux auxquels va la pensée du poète…Tout cela participe du genre « leelé » et de ses dérivés. De grands artistes ont marqué le « leele », parmi eux feu Samba Joop, Abbullay Ceenel Faal. Aujourd’hui, Aamadou Tammba Joop garde la flamme du renouveau.

Quant aux formes saisonnières qui sont aussi à classer dans le patrimoine commun tout en se distinguant du fond statique permanent, elles sont innombrables et d’inspiration circonstancielle. Elles s’évanouissent en effet avec leurs auteurs et souvent avant eux. Ce sont des œuvres qui tiennent une place marginale car elles procèdent de la création des malankoobe (troubadours de notoriété, artistes solitaires ou groupés au fait de la gloire) qui créent des airs nouveaux inspirés par les chansons des jeunes filles du village qui pilent le mil en cadence ou claquent les mains devant les lutteurs en sueur à la place publique.

Bayal Samba Teen a incarné, vers les années 30, ce genre. Une génération plus récente s’est imposée : il s’agit des Samba Di’iye Sal, Sidi Baylel Caam, Birome Njaay, Aali Hammadi Aali, etc. de nos jours, se sont les musiciens modernes dirigés par le leader Baaba Maal qui perpétuent le genre en le modernisant, tout en intérgrant les autres formes littéraires du Fuuta et d’ailleurs. Citons, entre autres : Ousman Hammadi Joop, Ngaari Law (qui se veut l’héritier de Bayal Sammba Teen), Demba Jah, Accaa Wele, Abuu Jubaa Deh, etc.

La littérature castée se retrouve essentiellement dans le fond statique permanent qui est composé du Pekaan, le chant des Subalbe (pêcheurs), le Gummbalaa, chant de Sebbe (guerriers), le Dillere des Maabube (tisserands) de métier et de tradition.

Sammba Dooru Maabo et Umar Gafo ont été les grands interpètes du Dilleré. Les tisserands constituent un groupe très attaché aux « sciences occultes » lesquelles sont intimement liées à l’apprentissage du métier. Les artisans manient leurs instruments et les formules magiques avec la promptitude du pêcheur ou du guerrier apprêtant ses armes. Le chanteur de Dillére inspiré et doué rend compte de ce duel permanent entre le tisserand et son métier en y mettant tous les ingrédients généalogiques où les cousins, forgerons, cordonniers et bûcherons se retrouvent dans une lointaine filiation.

La fonction spécifique et les influences extérieures : Quelques repères- Le pekaan des subalbe (pêcheurs)

Le pekaan est sans contexte l’un des éléments les plus populaires de la littérature pulaar en Afrique occidentale. Composé de longs poèmes et des passages incantatoires pratiquement inintelligibles, récités par les seuls initiés, le Pekaan aurait une origine ésotérique. Pour les populations du bord du fleuve, le mystère des eaux et le caractère troublant de quelques phénomènes fluviaux, comme l’apparition de certains phénomènes fluviaux, comme l’apparition de certains « être surnaturels » ou de bêtes inconnues, ne peuvent trouver qu’une explication métaphysique. Jom Maayo, « Caammmaaba », Munu Maaya, sont des divinités maîtresses des eaux dont il faut implorer le soutien pour que la pêche soit bonne ou pour vaincre de Ngabu (hypopotame) ou le Ngary Maayo (Caïman) à l’occasion de duels meutriers.

L’examen minutieux des incantations révèlent une forte présence de la langue sérère et wolof. Ce qui confirme la parenté génétique des pêcheurs du Fuuta avec ces groupes ethniques qui se trouve matérialisée par les mêmes noms : Guèye, Gaye, Sarr, Diop, etc. Guellaay Ali Faal a attaché son nom au Pekaan.

- Le gummbalaa des Sebbe

Le Gummbalaa est le chant de guerre des Sebbe : il jouera le même rôle que Vaghou chez les Maures. On l’appelle aussi « Kontimpaaji » au jimdi peyya yiiyam (chant du sang). Il se rattache historiquement au Bawdi Alamari : (les tam-tams royaux de l’ère des satiguis peulhs Deniyanke). C’est la littérature héroïque, avec des poèmes épiques bellicistes. C’est le mépris de la mort et de la douleur qui est magnifié, c’est l’hymne à la bravoure et àtoutes les formes de courages.

Les thèmes sont variés. Des chansons de geste dédiées à Samba Gelaajo Jeegi l’évocation historique des conquêtes de Koli Tengela, descriptions surréalistes de chants de bataille (Bilbassi). Là aussi parfois d’un vocabulaire inintelligent et qui s’apparente beaucoup au Soninké et au Bambara accrédite la thèse de l’influence mandingue dans cette forme littéraire qui se serait développée avec les conquêtes de Koli Tengela. Si le Gummbala est attribué aux Sebbe, il appartient également aux Peulhs, les Sebbe étant en fait des guerriers attachés aux dynasties peuls denianké.

A signaler également que les Sebbe eux-mêmes ont des laudateurs issus de la caste des lawbé (bûcherons) qui sont les lawbé gummbalaa (bûcherons chanteurs de gummbalaa). Le rayonnement culturel de l’empire du Mali s’étend sur toute la Sénégambie, la Guinée et même la Mauritanie du Nord-Est. Les influences musicales (instruments et airs musicaux) du Mali sur les tribus Oulad Mbareck ont donné la forme définitive du Howl maure. Les mêmes airs de guitare se jouent partout de la même façon à Néma, Bamako, Dakar et Conakry.

Les Beytis ou les formes islamiques

Une nouvelle expression littéraire est née avec l’islamisation du Fuuta. Les beytis et bourdis sont des poèmes religieux sermonnaires, chantés en général par les « almaddas » à la gloire de l’Islam, du prophète Mohamed (Sas) ou des grands saints, en particulier Cheikh Ahmed Tidjane et El haj Oumar Tall. Le Guiri est une forme ancienne qui inspire aujourd’hui les almoubbe Ngay (sorte d’étudiants finissants qui composent des poèmes en l’honneur de leurs professeurs à l’occasion de la remise des diplômes.

Les poèmes de Thierno Abdourahmane de Banadji dit « Thierno Boy » sont très célèbres. Niokkane Djiby Selli est aujourd’hui un de ses élèves les plus en vue. Mohamadou Ali Caan est un écrivain prolixe. Sa Gacida sur El Haj Oumar comporte plus de neuf mille vers ! Cette littérature religieuse orale ou écrite était le fait de certains éléments fortement islamisés et pour l’essentiel appartenant à la caste Torodo, même si elle est de fait un patrimoine commun à toutes les castes.

La forme poétique est empruntée à l’arabe et à sa versification. Elle va jusqu’à la traduction littérale de textes arabes anciens réadaptés au contexte des haal pulaaren. L’empreinte de l’Islam sur la société pulaar est en fait tellement accomplie que le mode de penser lui-même a fait sien les canons de la logique dogmatique enseignée par les saintes écritures.

Voilà le Fuuta Toro au carrefour des civilisations, où pour paraphraser encore tène Youssouf Guèye, car il faut conclure, « en pays pulaar sans doute plus qu’ailleurs, la littérature a aussi des senteurs de terroir. L’horizon pour le rural, du Dimat au Damga, c’est le champ de mil ou de maïs, la savane verte trois mois de l’année et drapée de toutes les nuances de fauve le reste du temps, le fleuve si familier et pourtant si plein de dangereuses inconnues. La nature est théâtre. Le ciel témoigne…le poème est aussi souvenir…les airs de leele évoquent toujours le grisaille de bancs des maisons. Cette teintée d’ocre des vases paysages du Walo à mil, de même que l’on décèle la fraîcheur du yarkoma dans les évocations nocturnes du Pekaan.

Le fantang des Peuls bergers

Il semble bien que le premier air transcrit en note sonore d’une guitare serait le Fantang. C’est le chant d’un oiseau sur une branche qui inspira le guitariste du Saygalaare. Notes épiques où les épopées les plus célèbres de Aamadu Sam Poulel, Umarel Sawa Donde, Yero Maama, côtoient l’évocation langoureuse de l’éternelle errance des maîtres de troupeux devenus ça et là des propriétaires terriens ou des guerriers redoutables fondateurs de dynasties. Sammba Taba Kali, est un Maabo Soudu Paté qui a magnifié le Fantang. Certaines formes dérivées du Fantang, et qui s’apparentent des formes saisonnières, ont connu de grands moments dans la littérature peulh. Le Bodial, entre autres, a été incarné par Mamadou Fatel Bâ.

Le Kéroode, ou Kéronde, est attribué aux chasseurs. Or, il n’existe pas aujourd’hui de castes de chasseurs à proprement parler. Cette caste aurait-elle exister ? La question reste posée. Il n’en demeure pas moins que certains groupes socio-professionnels s’y adonnent en particulier, notamment ceux qui sont en rapport avec la faune et pratiquent la chasse pour se nourrir ou pour se défendre contre les fauves. Il est fréquent de voir des villages entiers se mobiliser pour organiser des battues en vue d’éradiquer le fléau constitué par les bêtes sauvages qui dévastent les cultures et le bétail errant.

Certaines familles se spécialisent alors dans la conservation des incantations (formes magiques) et du cri de guerre ou Kerrode qui galvanise le chasseur et est censé le rendre invulnérable.

Le Naale des Jiyabe (esclaves)

Se sentant rejétés dans l’expression littéraire des autres castes, les esclaves ont créé leur propre forme littéraire : le Naale. Au départ, cette littérature ne concernait que les éléments de la caste. Des poèmes, d’une extrême liberté, qui participe d’une forme de littérature corrosive destinée à corriger les travers de la société qui sont la paresse, l’égoïsme, l’avarice, etc. Tant que le Naale en restait là, il était normal aux yeux des autres castes.

Mais dès qu’il commenàa à devenir révolutionnaire, en s’attaquant au fondement même de la société castée, il était devenu un scandale. Pour mettre fin à cette tendance, les défenseurs de l’Islam, les marabouts décrétèrent que le Naale est un péché de même que l’utilisation du petit tam-tam qui l’accompagne. Il y a également les castes qui sont investies de mission en faveur d’autres castes ou de toute la communauté dans son ensemble. C’est le cas des griots laudateurs maîtres du Yélaa, les Lenngui et bawdi-alamari, celui des griots guitaristes. Les Lawbe (bûcherons) sont parfois des laudateurs de Sebbe (guerriers). Ce sont les Lawbe-Gummbala). Nous avons vu les bûcherons laudateurs des Peulhs que sont les Maabube Suudu Paté. Il faut également citer les tisserands laudateurs des Jawambe (caste dite des courtisans), les Mabube-jarwanbe, à ne pas confondre avec les Mabube tisserands qui ont le Dillere comme fonction littéraire spécifique.

Dans l’affectation des fonctions littéraires, il faut noter qu’il existe des passerelles très fortes entre certains groupes comme par exemple, nous l’avons vu, les cordonniers, les bijoutiers, les bûcherons, les tisserands, les griots, guitaristes, mais aussi entre les Subalbe pêcheurs et les Peulhs bergers (les Diao dalli) et entre les Subalbe et les Sebbe guerriers (les mariages sont fréquents entre ces deux castes).

Par : Ibrahima Moctar Sarr

Bibliographie

Youssouf Guèye : Aspects de la littérature Pulaar en Afrique Occidentale. Essais. Sakho Mamadou Dickall : La place des beyti dans la littérature Pulaar. Mémoire de fin d’études. ENS de Nouakchott. Bâ Moussa : L’éthique Pulaar dans la poésie du Alhajji Banal. Mémoire de maîtrise, ENS de Nouakchott. Bâ Mohamed Daha : le Naale d’hier et d’aujourd’hui. Mémoire de fin d’études, ENS Nouakchott. Amadou Abel Sy : La geste Tiédo. Thèse de doctorat de 3ème cycle, Dakar, 1980. Yaya Wane : les Toucouleurs du Fuuta Toro. IFAN, Dakar

Tags: castes, culture pulaar, fouta tooro, ibrahima moctar, pulaagu

Posted on: août 25, 2010

Filed under: Connaissance et savoirs, Culture, Histoire des peuls, Sociologie du pulaagu, Société peule

 

Ba Mbaré premier président négro-africain de la Mauritanie 16 avril, 2009

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Ba Mbaré premier président négro-africain de la Mauritanie clip_image001

 

Bâ Mamadou dit M’baré, président du Sénat mauritanien, et désigné par le Conseil constitutionnel à la tête de l’Etat jusqu’à l’élection présidentielle du 6 juin prochain, est désormais le premier président négro-africain dans ce pays depuis son indépendance en 1960.

M. M’baré, natif de la région du Gorgol, sur la vallée du fleuve Sénégal en 1946, a fait ses premiers débuts d’activisme politique au milieu des années 60 en prenant part aux manifestations des étudiants négro-mauritaniens protestant contre l’obligation d’apprendre la langue arabe, instituée langue officielle du pays.

Cette attitude lui avait valu un renvoi avant de retrouver l’école plus tard pour décrocher le baccalauréat et aller poursuivre ses études supérieures en Ukraine (Ex-Union soviétique).

A Kiev, le jeune étudiant noir obtient un doctorat d’Etat en sciences vétérinaires et suivra par la suite deux sessions de formation à l’Institut de pêche en URSS et l’Institut scientifiques des technologies de la pêche maritime à Nantes, en France.

Sa carrière professionnelle commence avec son engagement comme chercheur au Laboratoire des pêches à Nouadhibou, puis directeur général de l’Institut national des recherches océanographiques et de pêche dans la même ville avant de se voir désigner conseiller du ministre des Pêches.

Il occupera aussi les postes d’administrateur directeur général de la Mauritani-soviétique de pêche (MAUSSOV), de directeur général du Port autonome de Nouadhibou et enfin de ministre des Pêches et de l’Economie maritime du temps de l’ancien président Maaouya Ould Taya.

Mais le cursus politique de M. M’baré a commencé par son élection comme maire de la commune rurale de Wali, pour évoluer vers le Sénat où il est élu représentant du département de Maghama lors des échéances de janvier 2007, organisées par les militaires qui ont déposé Ould Taya.

La chance lui sourit de nouveau puisqu’il est choisi pour diriger la chambre haute du Parlement, un pas inespéré sur la voie qui l’a mené aujourd’hui au sommet de l’Etat. Même si c’est pour une courte période et avec des attributions diminuées.

Info source : cridem.org

 

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Rédigé par

terance

, jeudi, 16-04-09 11:22  Mauritania

Je tiens à rendre hommage à ce noble Peulh de Wali Djantang, je veux nommer Bâ M’Baré qui a gravi tous les échelons pour se retrouver aujourd’hui au sommet de l’état.

Vous méritez plus car vous avez su garder votre dignité et votre rang de noblesse contrairement à certains leaders politique qui sont devenus des griots.Yo allah souré, renma et hoto rokou gagno sagoumoume. Vous étes né dans le pouvoir mais vous avez fait votre chemin tout seul seydy Bâ.

Vous étes le yolti houdiadji de tout un peuple. Q’allah vous protége « Amine »

 

Rédigé par

LUMIERES

 jeudi, 16-04-09 10:04  Mauritania

Il a le titre, mais pas le pouvoir.

Un Deeniyanké, 9e locataire du palais présidentiel.

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C’est officiel Mohamed Ould Abdel Aziz s’est retiré du palais présidentiel pour laisser le fauteuil au président du Sénat Ba Mamadou dit M’baré. L’investiture officielle ne tardera pas à se faire par la cour constitutionnelle. Ainsi cette entrée de celui qui portera le chiffre 9 dans l’ordre d’arrivée au sommet de l’Etat, met fin à un long suspens et en ouvre un nouveau.

Un passage épisodique qui marquera symboliquement les annales de l’histoire de la Mauritanie. Mais il y a une chose qui ne trompe point les mauritaniens. Le désormais ex-Général Aziz dont -on dit qu’il a préféré prendre une retraite anticipée- un euphémisme- est parti sans tarder à revenir.

Ba Mamadou, connu sous le surnom de M’baré, est issu de la grande aristocratie peulh, de la lignée Deeniyankobé. Descendant du chef de guerre légendaire Kolitengalla, qui régna au XVIIIème siècle, dans les deux rives du fleuve Sénégal.

Natif de la commune de Waali Diantang en 1946, à une vingtaine de km de Maghama, Ba M’baré est un produit de l’école coloniale française, qu’il fréquenta. Après des études primaires à Maghama et secondaires à Kaédi et Rosso, il poursuivra son cursus supérieur en Union Soviétique, sanctionné par un diplôme de Doctorat en sciences vétérinaire. Il suivit des stages de perfectionnement dans le domaine maritime en URSS et en France. M’baré a essentiellement fait sa carrière professionnelle pendant de longues années à Nouadhibou où il est très connu.

Il occupa de hauts postes de responsabilité dans la capitale économique, notamment dans l’administration et la gestion du secteur des pêches, parmi lesquels , le poste de Directeur général de l‘Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques (Imrop), celui de Directeur Général de la Mauritano-Soviétique de pêche, la célèbre Maussov ; avant d’être nommé conseiller technique au Ministère des pêches.

Il dirigera aussi le Port Autonome de Nouadhibou, avant d’être nommé en 2003, comme Ministre des pêches et de l’économie maritime. Il se consacrera ces dernières années à la politique dans son environnement local. Il le fera d’abord sous la bannière de l’ex-PRDS où il eut beaucoup de difficultés à s’imposer dans son fief. Il reprendra sa revanche à la faveur des sénatoriales de 2006 qui lui procurèrent le précieux Sésame « ouvre-toi ».

C’est de là, que les portes de la prestigieuse chambre haute s’ouvriront pour l’enfant prodige de Waali et par un accident de l’histoire, voilà qu’aujourd’hui, le chemin très convoité du palais ocre, situé à quelques encablures du Sénat lui étalent le tapis rouge. Et le séjour de l’hôte est réservé pour 45 jours ! Ba M’baré est marié et père de 5 enfants. Homme de relations et de caractère, on lui reconnaît des qualités humaines appréciables.

Calme mais très attaché à des principes moraux et intellectuels, M’baré mène une vie rangée, partagée entre la politique pondérée et la religion, dont il est un fervent croyant. Il a su gérer ses rapports avec le camp des putschistes et celui du FNDD, en pleine crise et ce, en dépit de toutes sortes de pressions et coups bas. Sa fidélité au président déchu a failli prendre un sérieux revers.

Ses adversaires ont inventé contre lui des complots cyniques pour le débouter du perchoir. En vain ! L’homme est parvenu à garder la sérénité, en se drapant dans une dignité imperturbable qui a fini par payer. Les anecdotes ne manquent pas à son sujet et surtout sa réserve trompeuse qui cache une personnalité de fer. Ceux qui voient en lui un homme malléable connaissent mal le Deeniyanké au visage tiré et la taille imposante. Sa présence aux cotés des militaires entamera-t-elle cette image ? Son investiture officielle n’est plus qu’une question d’heures.

La Rédaction

 

 

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08:49

Mauritanie: le chef de la junte a démissionné, sera candidat à la présidence

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Nouakchott - Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de la junte qui dirige la Mauritanie depuis le coup d’Etat d’août, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’il avait quitté le pouvoir pour se porter candidat à l’élection présidentielle du 6 juin.

Il y a huit mois, M. Ould Abdel Aziz avait lui-même mené le putsch qui avait renversé le régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu (en 2007) du pays. « J’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président du Haut conseil d’Etat (junte, ndlr) et de chef de l’Etat en conformité avec la loi et suivant ses dispositions en la matière » a affirmé M. Ould Abdel Aziz, dans un discours officiel radio-télévisé diffusé très tard mercredi soir.

Ce militaire de carrière de 52 ans, dont 32 passés dans l’armée, a précisé qu’il entendait se porter candidat à la présidentielle anticipée du 6 juin. Pour pouvoir se présenter, il devait quitter à la fois l’armée et le pouvoir, 45 jours avant le scrutin.

Il a assuré qu’il était animé par une « volonté sincère d’édifier une nouvelle Mauritanie basée sur la justice, l’égalité et la liberté » et dressé un bilan favorable de sa gestion du pays depuis sa prise du pouvoir.

Il a de nouveau critiqué sans ménagement ses adversaires politiques, les qualifiant de « poignée de malfaiteurs » et les accusant de vouloir « affamer » le pays en « imposant un embargo« .

Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) avait déjà présenté sa démission annoncée comme une « vaste comédie » pour « faire accepter le putsch« . Cette coalition de partis boycottera le scrutin qui ne fera qu’entériner le coup d’Etat, selon elle.

Ses opposants accusent le général de mener campagne depuis des mois, au frais de l’Etat, à travers le pays et d’avoir « verrouillé » l’issue de la compétition électorale.

Avant de prononcer son discours, M. Ould Abdel Aziz avait reçu le président du Sénat, Ba Mamadou dit Mbaré, installé comme « président intérimaire » par le Conseil constitutionnel.

Il avait également rencontré les militaires qui composent la junte, au au palais présidentiel. Selon les seuls journalistes de la presse officielle présents, il avait dit au revoir aux membres de ce conseil militaire, un à un. hos/lbx/dm t.tmf

 

 

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Ba M’baré, premier président négro-africain de la Mauritanie.

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Ba M’baré, premier président négro-africain de la Mauritanie. dans actualités mbare_clean_01

Bâ Mamadou dit M’baré, président du Sénat mauritanien, et désigné par le Conseil constitutionnel à la tête de l’Etat jusqu’à l’élection présidentielle du 6 juin prochain, est désormais le premier président négro-africain dans ce pays depuis son indépendance en 1960.

M. M’baré, natif de la région du Gorgol, sur la vallée du fleuve Sénégal en 1946, a fait ses premiers débuts d’activisme politique au milieu des années 60 en prenant part aux manifestations des étudiants négro-mauritaniens protestant contre l’obligation d’apprendre la langue arabe, instituée langue officielle du pays.

Cette attitude lui avait valu un renvoi avant de retrouver l’école plus tard pour décrocher le baccalauréat et aller poursuivre ses études supérieures en Ukraine (Ex-Union soviétique).

A Kiev, le jeune étudiant noir obtient un doctorat d’Etat en sciences vétérinaires et suivra par la suite deux sessions de formation à l’Institut de pêche en URSS et l’Institut scientifiques des technologies de la pêche maritime à Nantes, en France.

Sa carrière professionnelle commence avec son engagement comme chercheur au Laboratoire des pêches à Nouadhibou, puis directeur général de l’Institut national des recherches océanographiques et de pêche dans la même ville avant de se voir désigner conseiller du ministre des Pêches.

Il occupera aussi les postes d’administrateur directeur général de la Mauritani-soviétique de pêche (MAUSSOV), de directeur général du Port autonome de Nouadhibou et enfin de ministre des Pêches et de l’Economie maritime du temps de l’ancien président Maaouya Ould Taya.

Mais le cursus politique de M. M’baré a commencé par son élection comme maire de la commune rurale de Wali, pour évoluer vers le Sénat où il est élu représentant du département de Maghama lors des échéances de janvier 2007, organisées par les militaires qui ont déposé Ould Taya.

La chance lui sourit de nouveau puisqu’il est choisi pour diriger la chambre haute du Parlement, un pas inespéré sur la voie qui l’a mené aujourd’hui au sommet de l’Etat. Même si c’est pour une courte période et avec des attributions diminuées.

 

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Info source :

Agence de Presse Africaine

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Rédigé par

terance

, jeudi, 16-04-09 11:22  Mauritania

Je tiens à rendre hommage à ce noble Peulh de Wali Djantang, je veux nommer Bâ M’Baré qui a gravi tous les échelons pour se retrouver aujourd’hui au sommet de l’état.

Vous méritez plus car vous avez su garder votre dignité et votre rang de noblesse contrairement à certains leaders politique qui sont devenus des griots.Yo allah souré, renma et hoto rokou gagno sagoumoume. Vous étes né dans le pouvoir mais vous avez fait votre chemin tout seul seydy Bâ.

Vous étes le yolti houdiadji de tout un peuple. Q’allah vous protége « Amine »

Rédigé par

LUMIERES

, jeudi, 16-04-09 10:04  Mauritania

Il a le titre, mais pas le pouvoir.

source: www.cridem.org

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