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AJD-MR:Petit geste, grande portée 28 décembre, 2010

Posté par Aboubakry dans : Reportage , ajouter un commentaire

asow.jpg  L’AJD-MR  a dépêché le 27 décembre 2010 une mission au site de rapatriés du Pk 3 pour apporter  un soutien symbolique à Mlle Aminata Sow, l’unique collégienne du site. La jeune fille qui a commencé ses études au Sénégal, a intégré l’école mauritanienne avec un sérieux handicap car elle n’avait jamais appris l’arabe, mais par son courage et sa détermination elle a passé ses examens avec succès.

M. Diallo Mohamedou,  secrétaire  général adjoint chargé des affaires politiques accompagné de  Moussa Sall et Baba Sall, militants du parti à Rosso a expliqué sur place que c’est lors d’une  précédente  mission du parti  le 26 novembre dans plusieurs sites de rapatriés aux environs de Rosso la décision  d’apporter un soutien à la jeune fille avait été prise, une manière de l’encourager et d’inciter les autres élèves à suivre son exemple.

Devant ses parents, la jeune fille a reçu des mains de M. Diallo, tous les manuels scolaires au programme, des paquets de cahiers, des classeurs, des stylos et des crayons, le tout dans un magnifique  sac d’écolier.

(source : www.ajd-mr.org)

 

Rosso, ville sinistrée 2 septembre, 2009

Posté par Aboubakry dans : Commune de Rosso,Reportage , ajouter un commentaire
 

 

 

 

 

déménagement forcé

 

 

Dans la nuit du 27 au 28 août Rosso  a enregistré 104 mm de pluie. Une catastrophe dans plusieurs quartiers de la ville comme Sattara, Demal Deuk, Ndiourbel ou Médine. Dans certaines maisons, les habitants ont passé toute la nuit à essayer de limiter les dégâts avec trente centimètres d’eau dans les chambres. Au matin du 28, la plupart des résidents des quartiers inondés, constatant que le combat était perdu d’avance avait décidé de plier bagages pour quitter des maisons complètement noyées. Pendant que les populations sinistrées se plaignaient de ne voir aucun responsable administratif à leur chevet, les autorités étaient pourtant en réunion de crise à la wilaya ; une réunion présidée par M. Mohamed Abdallahi Ould Leghnim, wali mouçaïd chargé des  affaires économiques et sociales qui assurait l’intérim du wali absent.  Autour de lui, le hakem de Rosso, le directeur régional de la sureté, les commandants du CFTAN, du GR5, de la compagnie de gendarmerie, de l’école de la garde nationale,  le médecin chef de l’hôpital et des responsables d’ONG.

Ce comité de crise a décidé d’évacuer les populations sinistrées au PK 7 et mis en place trois commissions (recensement, transport et accueil) pour organiser les secours. Des points de ramassage ont été définis pour regrouper et acheminer les populations sinistrées. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les charretiers ont fait de ‘bonnes’ affaires : quatre à cinq mille ouguiyas pour transporter des bagages jusqu’aux points de ramassage.

Dans la nuit du 28 au 29 alors que les populations espéraient un moment de répit, la pluie est encore tombée : 72 mm dans une ville déjà gorgée d’eau. Après cette seconde pluie les populations n’avaient plus le choix : il fallait quitter les habitations pleines d’eau pour aller se mettre à l’abri. Tandis que les habitants de Sattara ouest se rendaient au PK 7, ceux de Demal Deuk sont allés occuper les salles de classe du  lycée et des écoles de Ndiourbel.

Plusieurs bonnes volontés se sont manifestées pour venir au secours des sinistrés. C’est ainsi que dès le premier jour, un responsable de la société Triple AID (Mohamed Mahmoud pour ne pas le nommer) a spontanément mis à la disposition des sinistrés deux tracteurs pour  leur évacuation. De son côté le député Ould Moutaly a offert trois motopompes a essence. Le maire de Jidel Mohguen, l’un des rares politiciens à venir sur les lieux a pu constater les dégâts pour apporter son aide aux populations. Quant au maire de Rosso, Fassa Yerim cela fait plus de 48 heures qu’il est sur la brèche. Avec des moyens dérisoires il essaie de faire face à cette  situation catastrophique.

De Nouakchott  20 éléments des sapeurs pompiers  sont venus  avec deux ambulances, un camion citerne et deux motopompes. La délégation  régionale de l’agriculture a apporté une contribution de tailles avec cinq motopompes de deux cylindres.

Dans l’après midi du 29 une importante délégation est venue de Nouakchott pour rende visite aux sinistrés. Outre le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, il ya avait les ministres de l’hydraulique, de l’artisanat du commerce et du tourisme, de l’équipement, du développement rural et les commissaires aux droits de l’homme et à la sécurité alimentaire.

D’ores et déjà les autorités ont reçu 50 tonnes de blé, 50 T de riz, 10 T de sucre, 5 T d’huile, 12 T de poulet et 300 kits (tentes et  divers matériels) pour les distribuer aux populations sinistrées.

Deux jours après ces pluies diluviennes, les rossossois craignent le pire. Les fosses septiques sont pleines et se déversent dans les rues ; des rues transformées en fleuves où se mêlent allègrement toutes les saletés de la ville. Les magasins sont en rupture de stock pour bottes. Et il faut pourtant circuler dans les rues transformées en fleuve, dans cet immense cloaque où l’on retrouve toutes les saletés imaginables. Les rossosois scrutent le ciel et sont inquiets. Les stratus,cumulus et autres nuages qui se forment dans le ciel n’inspirent guère confiance.

Quarante huit heures après les premières pluies les autorités administratives continuent à tenir des réunions. Si le wali mouçaïd Mohamed Abdallahi Ould Leghnim est prompt à donner des informations à la presse, il faut dire qu’il y a un déficit de communication. Il faudrait sans instituer un point de presse hebdomadaire pour que les autorités rendent compte régulièrement de la gestion des affaires publiques.

Djigo Aboubakry

aboubakry_d@yahoo.fr

 

Rosso : Journées culturelles et sportives 16 mai, 2008

Posté par Aboubakry dans : Reportage , ajouter un commentaire

Un an après son élection – presque à l’arrachée – à la tête de la commune,  le Professeur FassaYérim vient d’organiser les premières journées culturelles et sportives de Rosso. Une manifestation plutôt réussie à en juger par le nombre de personnalités qui ont répondu à l’invitaion du maire. En plus du

wali du Trarza, du hakem de Rosso, il y avait entre autres M. Bâ Madine, ministre de l’artisanat et du tourisme, Mohamed Brahim Horma chargé de mission au ministère de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Ahmed Hamza président de l’Association des Maires de Mauritanie (AMM), Mohamed Ould Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, représentant de la fondation KB, plusieurs dizaines de maires dont Ba Adama Moussa (Boghé), Sow Moussa Demba (Kaédi), Ahmed Salem Ould Bamba (Teyarett) . Il y avait aussi d’autres invités de marque comme M.Oumar Sarr, député maire de Dagana, ministre d’état, ministre de l’habitat et du patrimoine bâti du Sénégal,  l’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, le représentant de l’OMS, le président de l’ONG  H.A.M.A.P.

Plusieurs manifestations sportives ont eu lieu au cours de ces journées. C’est ainsi que pour  une fois les rossossois se sont rendus en masse au fleuve non pas pour traverser mais pour assister à une magnifique régate. Cette course de pirogues était organisée le 11 avril vers midi. Pour l’occasion les nombreux invités avaient pris place dans le deuxième bac qui a servi de tribune flottante.

L’après midi c’était la finale de la coupe du maire. L’équipe du village des pêcheurs  a pris le dessus sur celle de Ndiourbel au terme d’un match aprement disputé. Le même jour, la finale de basket-ball s’est jouée en nocturne à
la Maison des jeunes. La séance de lutte traditionnelle a eu lieu le 12 avril pour clôturer des journées ouvertes le 10 par un ‘simb’ ou faux lion.

Avant la régate, une cérémonie s’était tenue à l’hôtel de ville en présence de toutes les personnalités invitées. Après le mot de bienvenue du Pr. Fassa Yérim ce fut le tour du président de l’AMM, Ahmed Hamza qui remerciera le président de la république dont la détermination a permis le processus du retour de nos compatriotes déportés à la fin des années 80. Il annoncera le don de l’AMM aux réfugiés (plus de 7 tonnes de vivres), un geste symbolique qui montre la détermination de l’association à soutenir le retour de nos frères. Le doyen des maires, Mohamed El Ghaly Ould El Bouh, maire de Djigueni abondera dans le même sens tandis que  Mohamed Brahim Horma félicitera l’initiative du maire de Rosso qui concrétise la politique de décentralisation engagée par le gouvernement en souhaitant que d’autres maires lui emboîtent le pas.

C »est après la régate que le maire a organisé un point de presse au cours duquel il a fait son bilan après une année à la tête de la commune. La commune a pu éponger une ardoise de12 millions et réduire le personnel pléthorique sans aucune compression. La commune a acquis par ses relations un véhicule pour lutter contre les incendies (don de l’ONG  H.A.M.A.P.) tandis que le financement de la construction d’un nouveau marché est acquis et que l’appel d’offre sera lancé incessamment. Les travaux d’assainissement de la ville ont commencé, le renouvellement et l’extension du réseau d’eau jusqu’au PK 24 est envisagé et enfin, Rosso va bénéficier de 12 km de goudron.

Eleveurs et agriculteurs :difficile cohabitation 31 décembre, 2007

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Mme Codou Diagne présidente de la coopérative des femmes de Garack

Des vaches s’invitent dans le périmètre

de la coopérative des femmes de Garack

La coopérative des femmes de Garack rassemble 450 femmes et dispose de 64 hectares. Elle produit actuellement des pastèques (1 ha), des melons (1 ha), du poivron (1 ha) et du gombo (1 ha). Ces productions sont financées entre autres par le PDIAM et le programme de lutte contre les criquets. La coopérative située au nord du village (un kilomètre environ) n’est pas clôturée. Les femmes assurent à tour de rôle la garde. Un gardien surveille les champs la nuit.

Dans la nuit du mercredi 26 décembre des vaches ont pénétré dans les périmètres et ont commis des dégâts, le gardien a essayé de les attraper mais n’y est pas parvenu. La nuit suivante, une quarantaine de vaches sont venues dans les périmètres. Cette fois ci, le gardien a réussi à alerter les femmes qui sont venues l’aider. Les vaches ont été conduites au village et enfermée dans les locaux de la coopérative.

Les discussions avec le berger et le propriétaire du troupeau n’ont pas abouti. Les femmes estimant les dégâts à 100.000 UM alors que le propriétaire proposait 15.000 UM.

Codou Diagne, la présidente de la coopérative s’est rendue à la brigade de gendarmerie de Rosso pour porter plainte. Après plusieurs va et vient et au moment précis où elle attendait le préfet de Rosso, elle a appris qu’une mission de l’inspection du ministère de l’agriculture et de l’élevage était sur place pour évaluer les dégâts.

Au grand désespoir des femmes de la coopérative, M. Ly Hamet Fodé, chef de la mission a remis à la gendarmerie un rapport qui conclut notamment que ‘l’ampleur des dégâts est insignifiante‘. Le rapport fait état de ‘deux à trois kilos environ de pastèques déjà consommées’ en soulignant que ‘les pastèques ne sont pas mangées par les vaches’. Le rapport parle aussi ‘d’une pépinière …. légèrement piétinée par les vaches’.

Le seul espoir pour les femmes de la coopérative de Garack c’est que le préfet de Rosso aurait demandé de ne pas clore le dossier.

Il faut cependant souligner que les femmes de Garack qui estiment que leurs droits ont été lésés, ne sont pas seules : samedi 29 décembre elles ont reçu une délégation composée de la présidente et de la coordinatrice de AWOMI (African Women Millenium Initiative on Poverty and Human Rights), du coordinateur de l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme) à Rosso, d’un journaliste de L’Observateur (quotidien paraissant à Dakar) et de cinq journalistes mauritaniens dont un de la radio rurale e. Tout ce monde a été invité à visiter les champs pour constater les dégâts commis par le passage des vaches.

Mme Yacine Fall, présidente de AWOMI estime que c’est un cas flagrant de discrimination à l’égard des femmes et de violation de droits de travailleuses qui contribuent pourtant au développement économique de leur pays.

 

Constat de dégâts causés par les vaches dans le périmètre

de la coopérative des femmes de Garack

Suite à la plainte formulée par les femmes de la coopérative de Garack relative à des dégâts causés par des vaches une mission de l’inspection MAE de Rosso présidée par Ly Hamet Fodé s’est rendue sur les lieux pour évaluer les dégâts.

Arrivé sur les lieux, il a été constaté :

- un tas de deux à trois kilos environ de pastèques déjà consommés était mis à l’écart, mais d’apparence ces pastèques ne sont pas mangées par les vaches.

- Une pépinière d’1 m sur 0,5 m d’oignons a été légèrement piétinée par les vaches.

- Aux alentours de la coopérative, il a été remarqué que les pâturages bien appétés par les vaches sont disponibles.

Conclusion : l’ampleur des dégâts est insignifiant

- vu la disponibilité fourragère aux alentours de la coopérative

- vu aussi que les pastèques ne sont pas très appétés quand il y a des pâturages disponibles.

 

Ly Hamet Fodé

 

Rosso, ville oubliée 18 septembre, 2007

Posté par Aboubakry dans : Reportage , ajouter un commentaire

 prfecture.jpg La préfecture, un bâtiment  à restaurer.                                sbr.jpg Le bac de Rosso.

Comme la plupart des capitales régionales, Rosso s’illustre par une léthargie profonde tout au moins au niveau des services publics. De manière générale les services régionaux fonctionnent au ralenti ce qui compromet gravement tout développement économique harmonieux du pays. Des centaines de fonctionnaires de l’Etat  qui devaient constituer le fer de lance d’une société en perpétuelle mutation, s’installant dans une routine abrutissante sombrent lentement mais sûrement dans le désoeuvrement total et deviennent- par le fait du système- plus une charge pour l’Etat et les contribuables qu’un relais et une élite apte à accompagner la promotion sociale.  

L’administration en panne

Capitale régionale au passé colonial riche, Rosso sombre de plus en plus dans la profonde léthargie qui caractérise la plupart des villes de l’intérieur. Service public est pratiquement inexistant et chaque jour que Dieu fait la ville se dégrade un peu plus dans l’indifférence des autorités et des habitants. Seul le débarcadère, lieu de tous les trafics grouille d’activité. 

Par D. Aboubakry

 

 Une puissante force d’inertie pèse sur ceux qui devaient constituer la force vive de la Nation et pratiquement toute l’administration est grippée.  La plupart des responsables préférant à défaut de résider à Nouakchott où “tout ce passe” s’y rendre le plus souvent possible laissant leur poste vacant avec les conséquences qui en découlent.  

Locaux inadéquats.

A l’image de l’inspection régionale du travail, les locaux ne constituent pas toujours un cadre idéal pour le travail. L’inspection régionale est abritée dans la vieille bâtisse de la préfecture où elle occupe une pièce étroite à l’étage au bout de l’aile sud. Une sombre pièce flanquée d’un débarras qui sert parfois de salon pour le thé. Le bureau est équipé d’un mobilier digne d’un musée : une vielle table en fer, une vielle chaise et une armoire métallique rouillée qui se ferme à l’aide d’une chaîne non moins rouillée et d’un cadenas à quatre sous acheté dans quelque boutique. C’est dans cette armoire des temps anciens que sont rangés les rares dossiers dans des caisses en carton ramassés quelque part. Même pas une vieille machine à écrire. Pour les correspondances, l’inspecteur doit s’adresser à un secrétariat public ou voir un établissement plus nanti…Un dénuement complet qui a été constaté il n’y pas si longtemps par la ministre de la fonction publique du travail et de l’emploi lors d’une visite à Rosso. Une visite qui a été l’occasion de promesses (bien entendu) pour la forme… Le personnel se réduit à un inspecteur secondé par un agent…Un personnel peu motivé dont il ne faut pas espérer qu’il fasse des miracles à partir de rien…

La caisse nationale de sécurité sociale qui dépend également du ministère de la fonction publique est installée presque en face de la préfecture dans un local conventionné. Un local qui pour être loué à cinquante mille ouguiya  n’en est pas pour autant fonctionnel. Du reste une partie du bâtiment qui comprenait la loge du gardien et le service des archives est hors d’usage avec un plafond effondré dans une pièce et qui va l’être incessamment dans les deux autres. Le bâtiment principal en bon état abrite les employés de la boîte. Des employés qui ont encore le mobilier venu de Nouakchott au moment de la création de l’agence de Rosso : de vieux bureaux et des armoires métalliques usées par le temps et une vieille machine à écrire Olivetti avec un ruban sans couleurs….

Le service de l’hydraulique situé à l’est de la SNDE, ancienne SONELEC ressemble plus à un endroit abandonné qu’à un bureau. Nombreux sont les Rossossois qui passent chaque jour devant cette bâtisse coloniale délabrée en permanence squattée par des animaux en divagation, sans savoir que le service de l’hydraulique comme en témoigne sur la grille, une inscription presque effacée par le temps fonctionne encore… en théorie. En théorie seulement car le chef de service complètement désoeuvré est souvent introuvable.  

Désoeuvrement

L’inspection régionale de la jeunesse n’est pas mieux lotie. L’inspecteur n’ayant plus de bureau s’est installé depuis quelques années dans les locaux de la vieille Maison des jeunes. Une maison  presque en ruine malgré le coup de peinture – le premier depuis vingt ans – donné cette année et selon certains sur l’insistance du wali. La Maison des jeunes qui date des années 60 offre l’exemple le plus concret du désoeuvrement : le personnel qui la fréquente, pour ne pas dire qui y travaille, comprend outre l’inspecteur régional, un commissaire de la jeunesse (adjoint du directeur de la Maison des jeunes – inconnu à Rosso), un agent, une secrétaire et d’un ancien gardien retraité qui sert de planton. L’activité principale de ce personnel consiste à venir prendre place dans la salle de spectacle ou dans la cour sous les arbres selon le temps qu’il fait et à causer de tout et de rien jusqu’à l’ennui autour d’un thé – s’il y en a – pour « tuer le temps ». Faute de machine et de travail à accomplir, la secrétaire apporte dans une glacière des rafraîchissements qui font le bonheur des petits écoliers des établissements Mairie A et Mairie B, qui se trouvent en face. De temps en temps, une connaissance qui passe s’arrête pour faire un brin de causette avec le groupe…

Le service traditionnellement chargé du contrôle des prix et qui s’occupe aujourd’hui de la qualité des produits et de l’approvisionnement est littéralement inexistant. Outre l’inspecteur, il y a un agent sur place. Un deuxième agent est certes dans le Trarza  mais il s’est installé à … Boutilimit où il gère en toute quiétude son restaurant.. En théorie et chaque semaine, l’inspecteur et son agent établissent la mercuriale (liste des prix moyens des denrées sur le marché) qu’ils communiquent au préfet mais faute de moyens, aucune copie n’est conservée au service et du reste personne n’a remplacé la secrétaire décédée il y a quelques années… Quant à la recherche des denrées périmées, de leur destruction et des sanctions éventuelles contre les responsables, l’inspection n’a pas les moyens de s’en acquitter, le commissaire ayant semble-t-il décidé de retirer le policier qui avait été affecté auprès d’elle pour l’assister dans sa mission de contrôle… 

Vétusté

La station de météo située à N’Diourbel, le quartier est de Rosso est logée à la même enseigne. Le service qui date des années cinquante fonctionne toujours avec le même matériel. L’actuel chef de station confie que la vieille chaise et le vieux bureau qui constituent l’essentiel du mobilier de son bureau, il les y a trouvés il y a 25 ans. Les instruments de mesure ne marchent plus convenablement. Les thermomètres, les baromètres, les thermographes, les barographes, les instruments de mesure de l’humidité ne sont plus fiables. Il faut parfois les secouer pour en tirer quelque chose… “Tout est approximatif, on se débrouille comme on peut”. On fait de l’extrapolation en fait. La girouette et l’anémomètre ne fonctionnent plus et le mât est tombé. L’évaporation n’est plus mesurée car non seulement la cour n’est pas clôturée pour protéger la cuve contre les animaux en divagation mais il y a un dispositif qui lui manque. La SAM (société des Aéroports de Mauritanie) dont relève la station ne semble pas se préoccuper des conditions météorologiques. La station n’a plus d’équipement radio et les relevés parviennent à Nouakchott depuis belle lurette par l’intermédiaire de la brigade de gendarmerie.

La délégation régionale du développement rural n’échappe pas à la règle. Le bâtiment est encore neuf, mais hormis les deux projets qu’il abrite, en l’occurrence le PADEL (Projet de Gestion des Parcours d’Elevage) et le PDRC (Programme de Développement Rural Communautaire) on ne peut pas dire qu’on y abat un travail considérable. Le délégué qui un moment était cumulativement directeur du CNRADA basé à Kaédi, n’ayant pas le don d’ubiquité ne passait à Rosso qu’en de rares occasions comme l’ouverture d’un séminaire ou alors ou comme disent les employés “quand le budget” est là.  A la délégation seuls le gardien qui a toujours un chapelet à la main et le planton sont  rarement désoeuvrés : à longueur de journée ils s’occupent à faire un thé commandé pour quelque visiteurs ou à entretenir un jardin potager. A coté de la délégation, comme des lézards qui se chauffent au soleil, de nombreux engins et autres véhicules mis sur cale pourrissent avec les ans. Certains de ces véhicules n’ont presque jamais fonctionné, les pièces essentielles ont pourtant fini par disparaître dans l’impunité totale de ceux qui avaient à les gérer.… 

A Pourié l’ancien périmètre chinois comme à la Sonader, les choses ne vont guère mieux. Deux ou trois personnes reconnues pour leur régularité au travail sont toujours présentes, hivernage comme saison sèche, mais elles n’ayant aucune responsabilité particulières elles continuent à être sous employées voire marginalisées par des directeurs absentéistes….

Depuis la secousse du 03 août, le receveur de la Poste, naguère connu pour son absentéisme notoire, fait de timides apparitions et tient compagnie à son brave agent. Pour autant le bureau régional de Mauripost ne draine pas beaucoup de monde et  ne brille pas par son dynamisme.

L’Inspection départemental de l’enseignement n’est pas différente des autres services publics de la ville. Abritée dans une partie de ce qui fut dans les années cinquante le logement du directeur de l’école primaire publique de Rosso  elle compte une demi douzaine d’inspecteurs et quelques instituteurs détachés là par hasard, un personnel très à l’étroit dans l’unique pièce équipée seulement de trois bureaux, d’une sorte d’armoire et d’une moquette.

La toute nouvelle Maison du livre inaugurée il y a moins n’accueille guère que quelques lecteurs par jour ce qui ne donne pas beaucoup de travail à son personnel au statut ambigu.

Quand à la Commune elle mériterait d’être dissoute pour inutilité publique. Il faudrait peut-être en plus plonger un symbole du conseil municipal (une borne ou une plaque) pendant 19 ans au moins dans les eaux sales du canal pour sanctionner les 19 ans d’inertie de l’équipe dirigeante.

La préfecture délabrée et la wilaya  n’échappent pas au climat de morosité générale. La préfecture avec son toit en tuile et son plafonnage en ruine a besoin d’un véritable lifting. Pour cela il faudrait des initiatives qu’on ne peut pas attendre de ceux qui  – jusqu’en juillet 2005 tout au moins – ne parlaient pas à la presse indépendante…Quant au siège de l’exécutif régional, la première chose à déplorer c’est peut être le « dircab » inamovible et incontournable qui « contrôle » beaucoup de dossiers dont celui des logements administratifs et conventionnés et qui semble induire en erreur nombre de responsables.

Les exemples de dysfonctionnement sont nombreux. Un seul coin de Rosso échappe à la règle générale et se distingue par son dynamisme : c’est le débarcadère qui grouille d’activité. Mais là c’est la chasse gardée des trafiquants peu scrupuleux et de quelques flics entreprenants ; ceux qui roulent en  ‘Merco’ et  ont accumulé (Dieu seul sait comment) des fortunes sans commune mesure avec les revenus du fonctionnaire modèle….

(La Tribune N° 276)

 

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