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Le feuilleton de Niabina 23 août, 2014

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Village paisible du département de Mbagne ,
village carrefour, Niabina a été du samedi 2 au dimanche 10
août, assiègé, encerclé par des individus en civil. D’où venaient-
ils? Que se passait-il? Qu’avait-on fait? Chacun se posait la
question. L’inquiétude était grande et la peur gagnait les
esprits.
En cette période d’hivernage où les hommes sont occupés par
les cultures du ‘jeeri’ , ou l’espoir risque d’être perdu à cause de
la rareté des pluies, et au moment où les cultures commencent
à sécher, et les animaux à être décimés, une horde de véhicules
de tous genres, 4×4, Hilux et autres, encerclent Niabina.
Des tentes sont immédiatement dressées aux alentours du parc de vaccination longeant l’axe bitumé
Boghé-Kaedi de son côté nord et des hommes en civil venant on ne sait d’où se positionnent en face du
village prêts à l’attaque.
Certains d’entre eux rentrent dans le village et commencent à fouiller les maisons tandis que d’autres
sautent le mur du cimetière et inspectent les tombes récentes. « Notre fils est venu dans ce village, s’il a
été tué, c’est ici qu’on l’ a tué et nulle part ailleurs ».
Quand un habitant sollicité pour héberger certains d’entre eux (la mère, la tente et les cousines du jeune
homme porté disparu ) répond qu’il ne peut pas parce qu’il a commencé des travaux de carrelage chez lui.
On le soupçonne d’avoir enterré le jeune homme dans la maison et de tout camoufler sous les carreaux.
Les descentes au cimetière sont quotidiennes, les marigots des alentours, les puits, les dunes, les rigoles,
les digues, tout est fouillé de fond en comble. Des enfants sont interpellés, interrogés, intimidés. La peur
gagne tout le village et personne ne sait d’où viennent les « assaillants ».
Les choses s’éclaircissent peu à peu et se précisent. Les supputations commencent. Il ‘agit d’un jeune
chamelier maure qui serait venu acheter des cartes de recharges téléphoniques qui serait kidnappé et tué à
Niabina. Le député du département arrive de Nouakchott. Il prend contact avec le hakem et le
commandant de la brigade de gendarmerie de Mbagne à l’entrée du village. Il s’informe auprès des
autorités tandis qu’il est critiqué par les assiégeants qui se plaignent de ne pas avoir été accueillis par les
villageois.
Comment accueillir des hommes venus vous assiéger? « Avez-vous expliqué aux habitants que vous
recherchez un parent disparu? », demande le député. « Non », répondent-ils mais notre fils ne peut être
qu’ici.
Le village constitue un comité de crise qui vient trouver les « assaillants » et les autorités départementales
au carrefour du collège érigé en base. Ce comité est composé du député, de l’imam ratib de la grande
mosquée de Niabina, des imams des cinq autres mosquées du village, du chef de village, de conseillers
municipaux et autres notables.
Tout ce monde vient apporter son aide pour la recherche du chamelier. Il est convenu que le lendemain, les
villageois se joignent aux assiégeants et aux forces de sécurité pour les recherches.
C’est ainsi que beaucoup de jeunes du village et même des vieux ont participé aux recherches avec les
parents du jeune chamelier. Après Miftah El kheîr , les véhicules sont garés et c’est la marche jusqu’à Sori
Malé et Thiodji Nguli. Tout le territoire communal est fouillé. Retour à la case départ le soir, Trois jours
durant, les populations du village ont participé à la recherche au moment où les leurs étaient soumis à
l’interrogatoire.
El Hadj Hamadi Sidi Ba, Thiama Ba, Moussa Sow , Demani Dia , Salif Gueye , Mamoudou Ba, frère de El
Hadj Hamadi Sidi Ba, de paisibles revendeurs de cartes de crédit. Baboye Kébé , Amadou Demba Aw ,
commerçants, tous ont été interpellés et interrogés par le procureur pendant plusieurs jours.
L’affrontement était inévitable s’il n’y avait pas eu l’intervention et la vigilance des forces de sécurité et
l’action du comité de crise qui a su maitriser et calmer les jeunes du village. Ce n’est qu’au huitième jour
de l’occupation que la nouvelle est tombée. La bonne nouvelle. Le chamelier est retrouvé sain et sauf. Il
aurait laissé son chameau pour prendre une voiture jusqu’à Tindouf . Les habitants de Niabina ont ainsi été
blanchis.
Après enquêtes, le jeune homme est écroué à la prison d’ Aleg. Ainsi finit un épisode qui s’il n’avait pas
connu ce dénouement aurait pu mettre Niabina à feu et à sang.
BASS MAMOUDOU, NIABINA ( Paru dans cridem.org)

Mame Ndiack Seck : Quand le père de l’éducation nationale mauritanienne disparaît dans le silence le plus total… 29 novembre, 2012

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Mame Ndiack Seck : Quand le père de l’éducation nationale mauritanienne disparaît dans le silence le plus total… dans opinion seck-mame-ndiack1Un des bâtisseurs de la Mauritanie s’est éteint le vendredi 23 novembre 2012. Mame Ndiack Seck, ancien ministre de l’éducation, conseillers de chefs d’état d’Afrique de l’ouest, haut cadre international, qui formé tant d’éléments brillants de la seconde génération de cadres de ce pays, a été rappelé à Dieu dans l’indifférence la plus générale. Portrait posthume d’un très grand, de ceux dont la médiocrité de ce pays ne veut pas.

Un père de l’éducation nationale mauritanienne

Né en 1932 à Dar El Barka, au sud de la Mauritanie, Mame Ndiack Seck s’est éteint à Dakar il y a une semaine dans la dahira de Seydou Nourou Tall à Dakar.

Le silence des autorités sur cet homme, docteur en sciences naturelles de l’université de Paul Sabatier de Toulouse, qui a activement, et plus que bien d’autres, participé à l’érection des fondements de ces mêmes autorités, en dit bien long sur la valeur de cet homme.

«La pyramide des valeurs est inversée en Mauritanie : moins on parle de vous, en dépit de vos qualités reconnues par-delà le pays, plus vous avez de chances d’être quelqu’un de bien» assure un directeur de publication de la place, qui a eu la chance de bénéficier de ses lumières, du temps où Mame Ndiack Seck était proviseur du lycée de Rosso, de 1970 à 1976.

Et pendant quinze ans, des premiers moments de l’indépendance mauritanienne, il aura été celui qui littéralement aura posé les bases de l’éducation nationale mauritanienne, de 1964 à 1979, période durant laquelle il occupera différents postes stratégiques de cette éducation : inspecteur général de l’enseignement, proviseur du lycée de Rosso, professeur à l’école normale supérieure de Nouakchott, et enfin ministre de l’éducation.

«Mame Ndiack Seck était très certainement le premier Educateur de ce pays, au-delà de son poste éphémère au ministère de l’éducation (Le 11 juillet 1978, l’annonce de la composition du gouvernement du putschiste lieutenant-colonel Mustapha Ould Mohamed Salek, intègre Mame Ndiack Seck, en tant que ministre de l’éducation nationale- ndlr). Il a veillé sur la bonne formation et l’éveil intellectuel de centaines de cadres mauritaniens, dont beaucoup se sont révélés brillants par la suite» témoigne Malal Seck, un de ses petits-neveux, cadre à Tasiast.

L’intellectuel engagé

«C’était certainement l’un des intellectuels mauritaniens les plus brillants. Il était toujours major depuis ses débuts à l’école» se souvient Abou Baba Kane, notable et homme d’affaires, originaire du même village que Mame Diack Seck.

La Guinée est indépendante le 2 octobre 1958. Sékou et son régime sont immédiatement et durablement « mis au coin » par la France officielle et sévèrement critiqués par plusieurs leaders africains (Félix Houphouët-Boigny surtout, et aussi Senghor), qui pourtant suivront son exemple deux ans plus tard, mais sans en supporter les conséquences négatives. Les cadres et la jeunesse africaine s’enthousiasment et portent Sékou Touré au pinacle, comme en témoignent les écrits d’Aimé Césaire, de Jacques Rabemananjara, de Mongo Beti et de bien d’autres. Nombre de progressistes (africains et même français) affluent en Guinée pour aider le jeune État et compenser le départ précipité des cadres français.

Mame Ndiack Seck sera l’unique mauritanien à suivre ce chemin d’engagement et d’un idéal panafricain qui commençait à prendre forme dans le conscient collectif de ces jeunes cadres africain, et plus particulièrement dans celui de ce mauritanien de 26 ans à l’époque.

«Justement, si on ne devait retenir qu’une chose de Mame en dernier ressort, c’est que c’était un homme intensément et profondément engagé, et entier. Quand il défendait quelque chose, c’était avec une volonté farouche» rappelle Abou Baba Kane.

C’est cette volonté et cet engagement qui l’ont mené à la veille des indépendances africaines, à se rendre dans la Guinée de Sékou Touré, en 1958, comme des centaines d’autres africains, pour lui apporter son soutien et ses connaissances.

«Mais l’illusion déchirée par la découverte de la brutalité et de la paranoïa de Sékou Touré, le ramène en Mauritanie» affirme le notable originaire de Dar El Barka aussi.

La carrière internationale et la maladie

«Mame était un homme intègre et entier» décrit laconiquement son frère et ami Abou Baba. C’est cette intégrité et ce refus de la compromission qui l’ont «écoeuré» de son pays à qui il avait tout sacrifié, et qui le lui a rendu en l’évinçant des affaires administratives, en 1980.

Marqué par cet «acte de trahison», Mame Ndiack a l’occasion de s’échapper de cet environnement en étant engagé la même année de son éviction de son poste d’ambassadeur de la Mauritanie en France, en tant que secrétaire général du comité inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), dont le siège est à Ouagadougou, où il officiera durant quatre ans.

Suite à cette aventure professionnelle sahélienne, Mamed Diack est repéré par les nations-unies, qui en feront leur représentant pour la FAO au Mali, avant sa retraite en 1992.

Mais cette fin de carrière en ouvrait une autre, certes moins officielle, mais autrement plus intense. De 1992, jusqu’aux prémisses d’une maladie des reins au début de ce siècle, Mame Ndiack Seck sera conseiller spécial de plusieurs chefs d’états africains, qui écoutent ses avis et respectent son jugement «d’homme pondéré, avisé et observateur» affirme un diplomate mauritanien à la retraite.

Insuffisant rénal à partir du début de ce siècle, Mame Ndiack Seck, très éprouvé par la maladie, doit subir une greffe de rein pour pouvoir survivre ; son frère jumeau se porte volontaire, mais les analyses révèlent que ce dernier également supporte la même maladie.

Mis en attente de greffe, dans les hôpitaux français, la bonne nouvelle d’un donneur compatible arrive et Mame Ndiack est transporté illico à Paris où la greffe se fait avec succès, et où son chirurgien traitant lui administre un médicament qu’il doit suivre durant cinq mois.

«Mais en rentrant à Dakar, et le professeur traitant ayant oublié de le prévenir du délai de traitement, mon oncle prendra ce médicament durant cinq ans. Son état empirera gravement du fait de cette trop longue administration. Son chirurgien traitant lui conseille de porter plainte contre lui-même et contre l’hôpital. En bon musulman il s’en abstiendra. Formellement, c’est cela qui l’a achevé. Cela résume le monsieur qu’il était» rapporte son homonyme, le docteur Mame Ndiack Seck, à Nouakchott.

 

Mamoudou Lamine Kane  (source: noorinfo)

Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy

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Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy dans opinion mohamed-dogui2«Toute véritable grandeur implique la simplicité»

La disparition de notre camarade Mohamed Dogui est une immense perte pour la Mauritanie, surtout pour celles et ceux qui, comme lui, aspirent à la justice, à la liberté et à la démocratie. Il a très tôt pris conscience de l’orientation raciste du système, en se positionnant contre toutes les formes d’injustice et d’impunité par un engagement ferme. Mohamed Dogui avait un sens de la dignité, une générosité reconnue par ceux et celles qui l’ont connu. Il a fait, tout le long de sa vie, preuve d’un engagement sans faille, d’une radicalité critique et ouverte. De cette radicalité des personnalités douées d’une intelligence authentique et d’un amour de la vie. Mohamed Dogui a combattu un système violent avec la plus grande humanité. Tous les témoignages sont unanimes sur la profondeur et la sincérité de son engagement humaniste. Il s’est inscrit dans la longue lignée des combattants de la liberté.

Depuis les événements de1989, jusqu’à sa mort en passant par ses années d’exil au Maroc, il a été fidèle à la lutte contre le racisme, l’esclavage et l’impunité.

Un militant courageux qui a défié toute sa vie un système dans lequel, s’il avait abdiqué comme d’autres, il aurait bénéficié des avantages et des privilèges d’appartenance à la composante dominante. Dogui n’a jamais cédé à la facilité et au confort de la médiocrité. Il a vécu avec sobriété, partageant la souffrance et l’humiliation des victimes, en payant un lourd tribut à son engagement pour les victimes contre la politique raciste qui a sévi depuis l’avènement de Ould Taya.

Mohamed Dogui a dit non à la discrimination, à l’oppression et à la haine raciale. La posture éthique du militantisme tel qu’il l’a pratiqué nous inspire quant au projet d’une Mauritanie débarrassée du tribalisme, du racisme et de l’esclavage. Contrairement à bon nombre de militants rattrapés par la solidarité mécanique et les intérêts personnels, il a su résister jusqu’à sa mort.

Homme de convictions, de courage, volontariste, humaniste, Mohamed Dogui occupera une place importante dans l’histoire de la lutte contre le système raciste et esclavagiste qui a étouffé la perspective de construction d’une citoyenneté mauritanienne. Sa disparition nous prive du messager de la paix, de l’égalité, de l’appel à une Mauritanie fondée sur un humanisme intégral et une politique de la civilisation. Un homme convaincu de l’éthique de l’amitié, de l’hospitalité et du vivre ensemble respectueux de la diversité qui constitue la première richesse de la Mauritanie. Il a incarné une certaine idée de la justice, de l’humanité et de l’exigence de dignité et de respect de tous les mauritaniens sans aucune forme de distinction.

Sa passion pour la justice, sa vocation pour la fraternité universelle ont marqué sa vie et son rapport à ses compatriotes. Sa traversé du désert, les péripéties d’une vie difficile ont nourri et entretenu son idéal d’une Mauritanie démocratique, fraternelle et solidaire. Mohamed Dogui a vécu en homme juste, en militant intransigeant, lucide et civilisé. Sa constance et sa victoire sur les préjugés doivent être une source d’inspiration et d’encouragement. Son courage et son attachement au devoir de mémoire l’ont conduit à faire partie des acteurs du voyage d’Inal, comme pour marquer les derniers mois de son existence.

Mohamed Dogui est parti de cette terre, de sa patrie, dont la politique raciste et esclavagiste ne faisait pas sa fierté. Il continuera à porter le message de la justice devant l’Eternel. Il veillera désormais sur nous; nous essayerons de mériter d’avoir été ses compagnons. La Mauritanie vient de connaître une perte immense avec la mort de cet homme que l’Histoire retiendra. La grandeur de son âme et sa vision de l’avenir resteront gravées sur notre mémoire. Il a vécu en homme généreux, vertueux et digne. Sa vie et son engagement sont des preuves éclatantes du sens du sacrifice et du dévouement à des causes nobles. La Mauritanie officielle devrait en tirer les conséquences.

Quant à nous, nous poursuivrons plus que jamais notre combat.

A la mémoire de notre camarade, nous organiserons une journée pour lui rendre l’hommage qui ne saurait traduire notre profonde tristesse.

Hamdou Rabby SY, porte-parole de l’AVOMM

(Source: www.avomm.com)

 

INFOS AVOMM

Hommage à Sall Kalidou

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Adieu ! Loyal

Un homme s’en est allé. Hélas, pour de bon ! Un homme que j’ai connu avant d’être sûr de me connaître personnellement. Un homme d’une loyauté et d’un équilibre déconcertants. Cet homme, c’est mon ami Kalidou Sall. Quand en 1969 et en octobre précisément j’ai connu les vertus de Sall Kalidou, Kals pour les intimes, j’ai immédiatement sympathisé avec lui et il ne m’a jamais déçu. Il était honnête, débonnaire et d’une prodigalité exceptionnelle.

A ses enfants, notamment Kinzé et Hawati, à son épouse qui n’est pas moins loyale que lui, à ses frères, sœurs,  neveux et cousins que j’ai connus particulièrement, à ses amis, à moi-même j’adresse mes condoléances les plus attristées.

A la loyauté qui a perdu celui qui l’a entretenue pendant sa courte vie, j’adresse mes condoléances  et je recommande du courage, beaucoup de courage.

Sall Kalidou n’a pas vécu longtemps mais à défaut d’être longue, sa vie a été large et bien gérée.

Lui et à nos amis communs et compagnons d’études qui l’ont précédé, comme feu Dieng Samba Laobé,  feu Ba Mamadou Diadel,  feu Mohamed Ould Bouthiah,  feu Daouda Mbégniga j’implore Dieu Tout Puissant  de les accueillir dans Son Saint Paradis.

Nous vous rejoindrons chers amis. Maigre consolation, mais consolation tout de même.

Inna Lillahy wa inna ileyhi Rajioune.

Ely Ould Meïdah

Rosso: mariage compromis pour cause de discrimination? 10 juillet, 2011

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Béchir Ould Khalifa devait célébrer son mariage avec Fatma Mint El Herim Ould Hassan le 7 juillet 2011. Mais ce jour là il était convoqué avec des membres de sa famille au  tribunal régional de Rosso. La belle famille aussi était là et  l’objectif était de casser l’union consacrée une semaine auparavant, le 1er  juillet. Son représentant, Mohamed Ould El Am, relate les faits.

Nous avons contacté M. El Herim Ould Hassan il y a environ un an pour
demander la main de sa fille pour le jeune instituteur Béchir Ould Khalifa.  Le père de la fille
entouré de ses proches dont sa sœur Minetou Mint Hassan nous a bien reçus. Le père de la jeune fille nous a même dit qu’il connaissait les parents de Béchir. Par la suite nous sommes allés voir El Herim pour fixer la date du mariage.

La belle famille était prête à célébrer l’union sur le champ mais nous avons
préféré attendre les grandes vacances, d’autant plus que Fatma Mint El Herim Ould Hassan est élève au collège de Rosso.

Le 1er  juillet, l’union a été consacrée en présence du père de la fille (voir fac
simile ci-joint) et il était convenu que la célébration du mariage ait lieu la
semaine suivante. Mais à notre grande surprise il est venu le 6 juillet nous apporter une convocation au tribunal. C’est ainsi que le lendemain 7 juillet,
nous nous sommes rendus au tribunal où nous avons d’abord rencontré un
greffier.

Nous avons été reçus après par le procureur. M. El Herim Ould Hassan a
expliqué qu’il voulait dissoudre le mariage parce qu’il ne savait pas si le
jeune à qui il avait accordé la main de sa fille ‘était chrif, Znaga ou … ou….’
‘ou esclave’
complétera Béchir à qui le procureur dira qu’il n’avait pas la parole. El Herim  a aussi expliqué qu’il avait subi des pressions et que le responsable de leur tribu, M Banoune Ould Eminou avait menacé de bruler le quartier où réside le jeune marié si le mariage n’était pas annulé.

Certains proches de El Herim Ould Hassan ont même prétendu que ce
dernier était très souvent malade et ne jouissait pas de toutes ses facultés de sorte qu’il n’était pas habilité à marier sa fille. Le procureur a rappelé au père de la jeune fille quelques versets de Coran faisant état de l’égalité entre tous
les hommes avant de demander aux deux parties de trouver un terrain d’entente. Béchir  Ould Khalifa, le jeune marié a expliqué que si sa belle famille était venue  le voir directement pour lui faire part de ses préoccupations, il aurait pu comprendre et éventuellement accéder à sa demande.

Mais comme l’affaire est portée au niveau de la justice, alors que la justice
suive son cours. Le procureur a demandé aux deux parties de se présenter devant le juge le dimanche 10 juillet. Il avait suggéré aussi au jeune marié de ne pas tenter d’emmener la jeune mariée dans la nuit du 7 juillet comme initialement prévu. La fille qui était au tribunal a été interrogée. Elle aurait dit qu’elle aimait son tout nouveau mari et qu’elle ne souhaitait pas la dissolution du mariage. La situation est plutôt délicate. Il semble que les parents de la fille ne veulent plus du mariage parce que ce serait une mésalliance pour eux.

Le problème est que ce n’est pas facile de trancher dans cette histoire. La loi
2007/48 en son article 9 punit quiconque ‘empêche de se marier, une femme
prétendue esclave contre son gré
’ mais elle ne parle pas de ceux qui
empêche un homme (prétendu esclave ou de classe inférieure) de se marier…

Dans tous les cas on est semble-t-il en face d’un cas de discrimination qui ne dit pas son nom. Pour l’heure la famille de Béchir Ould Khalifa s’en remet à la justice et lance un appel à toutes les organisations qui luttent pour les droits de l’homme.

 

Djigo Aboubakry (aboubakry_d@yahoo.fr)

(Source: www.cridem.org)

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