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«La submersion d’une partie de Nouakchott va coûter 07 milliards de dollars. Or, un réseau … 11 février, 2014

Posté par Aboubakry dans : LU POUR VOUS , trackback

(source: cridem.org) 26-01-2014

«La submersion d’une partie de Nouakchott va coûter 07 milliards de dollars. Or, un réseau ...…d’assainissement de la ville coûtera quelques millions de dollars…». «La Mauritanie fait partie d’une planète qui est en danger, compte tenue de la vulnérabilité de ce pays aux changements climatiques, il est très important de se réveiller tôt » a déclaré Ibrahima Thiaw, directeur exécutif adjoint du programme des Nations Unies pour l’environnement, PNUE. Monsieur Thiaw, de nationalité mauritanienne, s’exprimait au cours d’une conférence de presse à Nouakchott, jeudi 23 janvier 2013.

Monsieur Thiaw a rappelé, le taux d’urbanisation rapide de Nouakchott. Une ville qui est passée de quelques milliers d’habitant en 1960 a un peu moins d’un million aujourd’hui. « Les gouvernements n’ont pas planifié cette urbanisation rapide et il y a eu occupation de zones submersible dans cette ville, une partie deNouakchott se situe en dessous du niveau de la mer » a ajouté Monsieur Thiaw.

Autre point de vulnérabilité de Nouakchott rappelé par Ibrahima Thiaw : la ville est protégée de la mer par un fragile cordon dunaire.

En septembre 2013, il n’y a pas eu de pluies exceptionnelles à Nouakchott 

Le directeur exécutif adjoint du PNUE explique les inondations de septembre 2013 a Nouakchott par l’augmentation du niveau d’approvisionnement en eau douce avec Aftout es Sahili. « Ce projet aftout es Sahili (Approvisionnement de la ville de Nouakchott en eau douce a partir du fleuve Sénégal) a permis de tripler la quantité d’eau douce a Nouakchott par rapport a l’apport d’Idini» selon le responsable du PNUE. 

Le problème : « ce triplement de la production d’eau douce ne s’est malheureusement pas accompagné d’un plan d’assainissement. » Il n’a pas été prévue la « sortie des eaux qui entrent. » Et « l’absence d’un système d’assainissement élargi a toute la ville fait que les populations utilisent des fosses septique ou des puits perdus ; les eaux usées stagnent dans le sous sol ; Or, avec le triplement de la production d’eau douce, cette eau du sous sol qui ne s’évapore pas, continue a s’accumuler. 

En cas de pluie, l’eau de surface rejoint l’eau du sous sol et il y a inondation dans les zones les plus basses. » En septembre dernier, a rappelé monsieur Thiaw« il n’ y a pas eu de pluie exceptionnelle a Nouakchott » Mais « comme il n’y a pas d’évacuation des eaux usées, l’eau a tendance a s’accumuler dans les zones basses et ca fait des inondations qui affectent l’économie, la santé des populations… »

La nature peut supporter jusqu’à un certain point…

Pour le responsable du PNUE « il est important que la question de la vulnérabilité de la ville de Nouakchott soit examinée dans son ensemble par l’ensemble des acteurs mauritaniens, il faut considérer les inondations de septembre comme une alerte. » Il a ajouté « on ne peut pas souhaiter qu’il ne pleuve pas, mais il ne faut pas que la pluie soit un inconvénient pour les populations… »

La position basse de certaines parties de la ville par rapport au niveau de mer « entraîne aussi d’autres risques environnementaux qu’il faut prévenir » a dit Monsieur Thiaw. Il a rappelé les infrastructures (port, wharf, hôtel…) en bord de mer qui agressent le cordon dunaire protecteur. Autre menace : « la ville, elle-même se déportes vers la mer avec le quartier socogim plage… »

Le responsable du PNUE prévient : « la nature peut supporter jusqu’à un certain point. Mais des que l’on atteint un point d’inflexion, elle réagit ; Que dieu nous préserve des tempêtes exceptionnelles ou des marées exceptionnelles. Quand on construit sur une zone submersible, en cas d’inondation, en l’absence d’un système d’assainissement, on ne peut évacuer l’eau, autrement que par le pompage. Le seul moyen c’est de pomper l’eau et le jeter ailleurs et ce n’est pas une solution viable. Il fau donc un plan d’assainissement. Les autorités mauritanienne et leur partenaires doivent se pencher sur cette question pour éviter des difficultés futures »

Pour les parties de Nouakchott située sur des zones submersibles,y a-t-il autres solutions durables que le déménagement pur et semple ? Réponse d’Ibrahima Thiaw « Techniquement oui. L’ensemble des Pays-Bas est situé sur une zone submersible. Mais le gouvernement néerlandais a pu mettre en place un système d’assainissement et de gestion des eaux. Si vous traversez ce pays, vous voyez plein de carneaux, de digues… 

Une partie de la ville de New-York est submersible. La preuve : Sandy a inondé une partie du métro de cette ville, c’était une tempête exceptionnelle. PourquoiNew York n’est pas inondée chaque année ? Parce que les mesures d’assainissement y ont été prises.

Nouakchott, le développement s’est fait de manière très rapide sans planification. Et nous sommes proches du point d’inflexion dont je parlais. Les eaux de pluies a Nouakchott ont toujours été pompées à l’aide motopompes au moment ou il n’y avait pas l’eau d’Aftout es sahili. C’était gérable.

Aujourd’hui, il y a plus d’eau. Et, pire, d’ici 2030, il y en aura 05 fois plus d’eau duce qu’avec Idini et cette eau il faut la gérer. D’où la pertinence d’une vision prospective pour la mise en place, le plutôt possible, d’un réseau d’assainissement qui va pomper les eaux usées et les eaux de pluie.

Cette eau usée, d’ailleurs, c’est de l’or. La Mauritanie est un pays saharien qui a besoin d’eau pour le maraîchage, les plantes fourragères, le reboisement, les espaces verts…Il serait irrationnel d’utiliser de l’eau propre pour irriguer tout ça ; Ces eaux usées doivent être traitées et non jetées à la mer car jusqu’a un certain point, la nature peut gérer mais après ça devient difficile.

Dakar par exemple, la baie de Hann est devenue une zone morte car la nature ne peut plus y gérer les eaux usées. En Europe il existe des zones mortes. Quand la pollution atteint un niveau ou il n’y a plus d’oxygene, les plantes ne peuvent pas pousser et les poissons ne peuvent plus vivre.

On n’arrivera pas a cette situation en Mauritanie car autrement ça sera la pire des catastrophe pour un pays dont économie dépend essentiellement de la pêche. Vous croyez que les européens vont acheter du poisson pollué pour aller se faire tuer. Donc quand on parle de l’environnement, il s’agit aussi de l’économie.

« Il est possible de trouver une solution autre que le déménagement pour les habitants de Nouakchott qui sont dans des zones submersibles »

Techniquement, c’est possible de trouver une solution autre que le déménagement pour les habitants de Nouakchott qui sont dans des zones submersibles. C’est avec un réseau d’assainissement et la technologie existe. Bien sur que ça coûte cher. Mais laisser l’aéroport flotter ou l’hôpital national s’inonder… sera plus grave.

Des experts mauritaniens estiment que la submersion d’une partie deNouakchott va coûter 07 milliards de dollars. Or, un réseau d’assainissement de la ville coûtera quelques millions de dollars. Il y a donc un arbitrage à faire. Il faut anticiper autrement, l’inaction va coûter très chers en vies humaines et en dollars. Si j’avais de moyens pour contracter un prêt en vue de l’assainissement de la ville de Nouakchott et anticiper sur les risques pour mes enfants et les enfants de mes enfants…je prendrais ce prêt car il est rentable. »

Compte rendu : Khalilou Diagana

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