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Mame Ndiack Seck : Quand le père de l’éducation nationale mauritanienne disparaît dans le silence le plus total… 29 novembre, 2012

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Mame Ndiack Seck : Quand le père de l’éducation nationale mauritanienne disparaît dans le silence le plus total… dans opinion seck-mame-ndiack1Un des bâtisseurs de la Mauritanie s’est éteint le vendredi 23 novembre 2012. Mame Ndiack Seck, ancien ministre de l’éducation, conseillers de chefs d’état d’Afrique de l’ouest, haut cadre international, qui formé tant d’éléments brillants de la seconde génération de cadres de ce pays, a été rappelé à Dieu dans l’indifférence la plus générale. Portrait posthume d’un très grand, de ceux dont la médiocrité de ce pays ne veut pas.

Un père de l’éducation nationale mauritanienne

Né en 1932 à Dar El Barka, au sud de la Mauritanie, Mame Ndiack Seck s’est éteint à Dakar il y a une semaine dans la dahira de Seydou Nourou Tall à Dakar.

Le silence des autorités sur cet homme, docteur en sciences naturelles de l’université de Paul Sabatier de Toulouse, qui a activement, et plus que bien d’autres, participé à l’érection des fondements de ces mêmes autorités, en dit bien long sur la valeur de cet homme.

«La pyramide des valeurs est inversée en Mauritanie : moins on parle de vous, en dépit de vos qualités reconnues par-delà le pays, plus vous avez de chances d’être quelqu’un de bien» assure un directeur de publication de la place, qui a eu la chance de bénéficier de ses lumières, du temps où Mame Ndiack Seck était proviseur du lycée de Rosso, de 1970 à 1976.

Et pendant quinze ans, des premiers moments de l’indépendance mauritanienne, il aura été celui qui littéralement aura posé les bases de l’éducation nationale mauritanienne, de 1964 à 1979, période durant laquelle il occupera différents postes stratégiques de cette éducation : inspecteur général de l’enseignement, proviseur du lycée de Rosso, professeur à l’école normale supérieure de Nouakchott, et enfin ministre de l’éducation.

«Mame Ndiack Seck était très certainement le premier Educateur de ce pays, au-delà de son poste éphémère au ministère de l’éducation (Le 11 juillet 1978, l’annonce de la composition du gouvernement du putschiste lieutenant-colonel Mustapha Ould Mohamed Salek, intègre Mame Ndiack Seck, en tant que ministre de l’éducation nationale- ndlr). Il a veillé sur la bonne formation et l’éveil intellectuel de centaines de cadres mauritaniens, dont beaucoup se sont révélés brillants par la suite» témoigne Malal Seck, un de ses petits-neveux, cadre à Tasiast.

L’intellectuel engagé

«C’était certainement l’un des intellectuels mauritaniens les plus brillants. Il était toujours major depuis ses débuts à l’école» se souvient Abou Baba Kane, notable et homme d’affaires, originaire du même village que Mame Diack Seck.

La Guinée est indépendante le 2 octobre 1958. Sékou et son régime sont immédiatement et durablement « mis au coin » par la France officielle et sévèrement critiqués par plusieurs leaders africains (Félix Houphouët-Boigny surtout, et aussi Senghor), qui pourtant suivront son exemple deux ans plus tard, mais sans en supporter les conséquences négatives. Les cadres et la jeunesse africaine s’enthousiasment et portent Sékou Touré au pinacle, comme en témoignent les écrits d’Aimé Césaire, de Jacques Rabemananjara, de Mongo Beti et de bien d’autres. Nombre de progressistes (africains et même français) affluent en Guinée pour aider le jeune État et compenser le départ précipité des cadres français.

Mame Ndiack Seck sera l’unique mauritanien à suivre ce chemin d’engagement et d’un idéal panafricain qui commençait à prendre forme dans le conscient collectif de ces jeunes cadres africain, et plus particulièrement dans celui de ce mauritanien de 26 ans à l’époque.

«Justement, si on ne devait retenir qu’une chose de Mame en dernier ressort, c’est que c’était un homme intensément et profondément engagé, et entier. Quand il défendait quelque chose, c’était avec une volonté farouche» rappelle Abou Baba Kane.

C’est cette volonté et cet engagement qui l’ont mené à la veille des indépendances africaines, à se rendre dans la Guinée de Sékou Touré, en 1958, comme des centaines d’autres africains, pour lui apporter son soutien et ses connaissances.

«Mais l’illusion déchirée par la découverte de la brutalité et de la paranoïa de Sékou Touré, le ramène en Mauritanie» affirme le notable originaire de Dar El Barka aussi.

La carrière internationale et la maladie

«Mame était un homme intègre et entier» décrit laconiquement son frère et ami Abou Baba. C’est cette intégrité et ce refus de la compromission qui l’ont «écoeuré» de son pays à qui il avait tout sacrifié, et qui le lui a rendu en l’évinçant des affaires administratives, en 1980.

Marqué par cet «acte de trahison», Mame Ndiack a l’occasion de s’échapper de cet environnement en étant engagé la même année de son éviction de son poste d’ambassadeur de la Mauritanie en France, en tant que secrétaire général du comité inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), dont le siège est à Ouagadougou, où il officiera durant quatre ans.

Suite à cette aventure professionnelle sahélienne, Mamed Diack est repéré par les nations-unies, qui en feront leur représentant pour la FAO au Mali, avant sa retraite en 1992.

Mais cette fin de carrière en ouvrait une autre, certes moins officielle, mais autrement plus intense. De 1992, jusqu’aux prémisses d’une maladie des reins au début de ce siècle, Mame Ndiack Seck sera conseiller spécial de plusieurs chefs d’états africains, qui écoutent ses avis et respectent son jugement «d’homme pondéré, avisé et observateur» affirme un diplomate mauritanien à la retraite.

Insuffisant rénal à partir du début de ce siècle, Mame Ndiack Seck, très éprouvé par la maladie, doit subir une greffe de rein pour pouvoir survivre ; son frère jumeau se porte volontaire, mais les analyses révèlent que ce dernier également supporte la même maladie.

Mis en attente de greffe, dans les hôpitaux français, la bonne nouvelle d’un donneur compatible arrive et Mame Ndiack est transporté illico à Paris où la greffe se fait avec succès, et où son chirurgien traitant lui administre un médicament qu’il doit suivre durant cinq mois.

«Mais en rentrant à Dakar, et le professeur traitant ayant oublié de le prévenir du délai de traitement, mon oncle prendra ce médicament durant cinq ans. Son état empirera gravement du fait de cette trop longue administration. Son chirurgien traitant lui conseille de porter plainte contre lui-même et contre l’hôpital. En bon musulman il s’en abstiendra. Formellement, c’est cela qui l’a achevé. Cela résume le monsieur qu’il était» rapporte son homonyme, le docteur Mame Ndiack Seck, à Nouakchott.

 

Mamoudou Lamine Kane  (source: noorinfo)

Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy

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Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy dans opinion mohamed-dogui2«Toute véritable grandeur implique la simplicité»

La disparition de notre camarade Mohamed Dogui est une immense perte pour la Mauritanie, surtout pour celles et ceux qui, comme lui, aspirent à la justice, à la liberté et à la démocratie. Il a très tôt pris conscience de l’orientation raciste du système, en se positionnant contre toutes les formes d’injustice et d’impunité par un engagement ferme. Mohamed Dogui avait un sens de la dignité, une générosité reconnue par ceux et celles qui l’ont connu. Il a fait, tout le long de sa vie, preuve d’un engagement sans faille, d’une radicalité critique et ouverte. De cette radicalité des personnalités douées d’une intelligence authentique et d’un amour de la vie. Mohamed Dogui a combattu un système violent avec la plus grande humanité. Tous les témoignages sont unanimes sur la profondeur et la sincérité de son engagement humaniste. Il s’est inscrit dans la longue lignée des combattants de la liberté.

Depuis les événements de1989, jusqu’à sa mort en passant par ses années d’exil au Maroc, il a été fidèle à la lutte contre le racisme, l’esclavage et l’impunité.

Un militant courageux qui a défié toute sa vie un système dans lequel, s’il avait abdiqué comme d’autres, il aurait bénéficié des avantages et des privilèges d’appartenance à la composante dominante. Dogui n’a jamais cédé à la facilité et au confort de la médiocrité. Il a vécu avec sobriété, partageant la souffrance et l’humiliation des victimes, en payant un lourd tribut à son engagement pour les victimes contre la politique raciste qui a sévi depuis l’avènement de Ould Taya.

Mohamed Dogui a dit non à la discrimination, à l’oppression et à la haine raciale. La posture éthique du militantisme tel qu’il l’a pratiqué nous inspire quant au projet d’une Mauritanie débarrassée du tribalisme, du racisme et de l’esclavage. Contrairement à bon nombre de militants rattrapés par la solidarité mécanique et les intérêts personnels, il a su résister jusqu’à sa mort.

Homme de convictions, de courage, volontariste, humaniste, Mohamed Dogui occupera une place importante dans l’histoire de la lutte contre le système raciste et esclavagiste qui a étouffé la perspective de construction d’une citoyenneté mauritanienne. Sa disparition nous prive du messager de la paix, de l’égalité, de l’appel à une Mauritanie fondée sur un humanisme intégral et une politique de la civilisation. Un homme convaincu de l’éthique de l’amitié, de l’hospitalité et du vivre ensemble respectueux de la diversité qui constitue la première richesse de la Mauritanie. Il a incarné une certaine idée de la justice, de l’humanité et de l’exigence de dignité et de respect de tous les mauritaniens sans aucune forme de distinction.

Sa passion pour la justice, sa vocation pour la fraternité universelle ont marqué sa vie et son rapport à ses compatriotes. Sa traversé du désert, les péripéties d’une vie difficile ont nourri et entretenu son idéal d’une Mauritanie démocratique, fraternelle et solidaire. Mohamed Dogui a vécu en homme juste, en militant intransigeant, lucide et civilisé. Sa constance et sa victoire sur les préjugés doivent être une source d’inspiration et d’encouragement. Son courage et son attachement au devoir de mémoire l’ont conduit à faire partie des acteurs du voyage d’Inal, comme pour marquer les derniers mois de son existence.

Mohamed Dogui est parti de cette terre, de sa patrie, dont la politique raciste et esclavagiste ne faisait pas sa fierté. Il continuera à porter le message de la justice devant l’Eternel. Il veillera désormais sur nous; nous essayerons de mériter d’avoir été ses compagnons. La Mauritanie vient de connaître une perte immense avec la mort de cet homme que l’Histoire retiendra. La grandeur de son âme et sa vision de l’avenir resteront gravées sur notre mémoire. Il a vécu en homme généreux, vertueux et digne. Sa vie et son engagement sont des preuves éclatantes du sens du sacrifice et du dévouement à des causes nobles. La Mauritanie officielle devrait en tirer les conséquences.

Quant à nous, nous poursuivrons plus que jamais notre combat.

A la mémoire de notre camarade, nous organiserons une journée pour lui rendre l’hommage qui ne saurait traduire notre profonde tristesse.

Hamdou Rabby SY, porte-parole de l’AVOMM

(Source: www.avomm.com)

 

INFOS AVOMM

Rosso : Le RPC organise un atelier de formation

Posté par Aboubakry dans : Commune de Rosso , ajouter un commentaire

Le RPC (Réseau des organisations de la société civile pour la Promotion de la Citoyenneté) dirigé par le Dr Sall Amadou a organisé pendant  trois jours  à Rosso un atelier sur les techniques d’élaboration des PDC (Plan de développement communal).

Lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier tenu à l’hôtel  Chemama, en présence de M. Mahmoud Khayrou, membre du bureau exécutif du RPC et de Mme Salamata Cheikh coordinatrice du projet, le Pr Fassa Yérim, maire de Rosso a prononcé un mot de bienvenue à l’endroit des participants, en l’occurrence les représentants du conseil municipal de Rosso et de  Boghé dont le maire adjoint, Ndiaye Djibril Malal et Mme Dia Mariata,  les représentants des services déconcentrés de l’état , les réseaux locaux de Boghé et Rosso.

Cet atelier de formation sur les techniques d’élaboration des PDC animé  par M. Ba Moussa Bathily, vise à renforcer les capacités des décideurs pour l’amélioration de la situation des populations. Il sera suivi dans  un avenir proche d’un autre sur le budget participatif.

A noter qu’avant la tenue de l’atelier de Rosso, les réseaux locaux ont sillonné les deux communes pour sensibiliser les populations.

D. A.

 

Hommage à Sall Kalidou

Posté par Aboubakry dans : opinion , ajouter un commentaire

Adieu ! Loyal

Un homme s’en est allé. Hélas, pour de bon ! Un homme que j’ai connu avant d’être sûr de me connaître personnellement. Un homme d’une loyauté et d’un équilibre déconcertants. Cet homme, c’est mon ami Kalidou Sall. Quand en 1969 et en octobre précisément j’ai connu les vertus de Sall Kalidou, Kals pour les intimes, j’ai immédiatement sympathisé avec lui et il ne m’a jamais déçu. Il était honnête, débonnaire et d’une prodigalité exceptionnelle.

A ses enfants, notamment Kinzé et Hawati, à son épouse qui n’est pas moins loyale que lui, à ses frères, sœurs,  neveux et cousins que j’ai connus particulièrement, à ses amis, à moi-même j’adresse mes condoléances les plus attristées.

A la loyauté qui a perdu celui qui l’a entretenue pendant sa courte vie, j’adresse mes condoléances  et je recommande du courage, beaucoup de courage.

Sall Kalidou n’a pas vécu longtemps mais à défaut d’être longue, sa vie a été large et bien gérée.

Lui et à nos amis communs et compagnons d’études qui l’ont précédé, comme feu Dieng Samba Laobé,  feu Ba Mamadou Diadel,  feu Mohamed Ould Bouthiah,  feu Daouda Mbégniga j’implore Dieu Tout Puissant  de les accueillir dans Son Saint Paradis.

Nous vous rejoindrons chers amis. Maigre consolation, mais consolation tout de même.

Inna Lillahy wa inna ileyhi Rajioune.

Ely Ould Meïdah

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