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Rosso, ville sinistrée 2 septembre, 2009

Posté par Aboubakry dans : Commune de Rosso,Reportage , ajouter un commentaire
 

 

 

 

 

déménagement forcé

 

 

Dans la nuit du 27 au 28 août Rosso  a enregistré 104 mm de pluie. Une catastrophe dans plusieurs quartiers de la ville comme Sattara, Demal Deuk, Ndiourbel ou Médine. Dans certaines maisons, les habitants ont passé toute la nuit à essayer de limiter les dégâts avec trente centimètres d’eau dans les chambres. Au matin du 28, la plupart des résidents des quartiers inondés, constatant que le combat était perdu d’avance avait décidé de plier bagages pour quitter des maisons complètement noyées. Pendant que les populations sinistrées se plaignaient de ne voir aucun responsable administratif à leur chevet, les autorités étaient pourtant en réunion de crise à la wilaya ; une réunion présidée par M. Mohamed Abdallahi Ould Leghnim, wali mouçaïd chargé des  affaires économiques et sociales qui assurait l’intérim du wali absent.  Autour de lui, le hakem de Rosso, le directeur régional de la sureté, les commandants du CFTAN, du GR5, de la compagnie de gendarmerie, de l’école de la garde nationale,  le médecin chef de l’hôpital et des responsables d’ONG.

Ce comité de crise a décidé d’évacuer les populations sinistrées au PK 7 et mis en place trois commissions (recensement, transport et accueil) pour organiser les secours. Des points de ramassage ont été définis pour regrouper et acheminer les populations sinistrées. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les charretiers ont fait de ‘bonnes’ affaires : quatre à cinq mille ouguiyas pour transporter des bagages jusqu’aux points de ramassage.

Dans la nuit du 28 au 29 alors que les populations espéraient un moment de répit, la pluie est encore tombée : 72 mm dans une ville déjà gorgée d’eau. Après cette seconde pluie les populations n’avaient plus le choix : il fallait quitter les habitations pleines d’eau pour aller se mettre à l’abri. Tandis que les habitants de Sattara ouest se rendaient au PK 7, ceux de Demal Deuk sont allés occuper les salles de classe du  lycée et des écoles de Ndiourbel.

Plusieurs bonnes volontés se sont manifestées pour venir au secours des sinistrés. C’est ainsi que dès le premier jour, un responsable de la société Triple AID (Mohamed Mahmoud pour ne pas le nommer) a spontanément mis à la disposition des sinistrés deux tracteurs pour  leur évacuation. De son côté le député Ould Moutaly a offert trois motopompes a essence. Le maire de Jidel Mohguen, l’un des rares politiciens à venir sur les lieux a pu constater les dégâts pour apporter son aide aux populations. Quant au maire de Rosso, Fassa Yerim cela fait plus de 48 heures qu’il est sur la brèche. Avec des moyens dérisoires il essaie de faire face à cette  situation catastrophique.

De Nouakchott  20 éléments des sapeurs pompiers  sont venus  avec deux ambulances, un camion citerne et deux motopompes. La délégation  régionale de l’agriculture a apporté une contribution de tailles avec cinq motopompes de deux cylindres.

Dans l’après midi du 29 une importante délégation est venue de Nouakchott pour rende visite aux sinistrés. Outre le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, il ya avait les ministres de l’hydraulique, de l’artisanat du commerce et du tourisme, de l’équipement, du développement rural et les commissaires aux droits de l’homme et à la sécurité alimentaire.

D’ores et déjà les autorités ont reçu 50 tonnes de blé, 50 T de riz, 10 T de sucre, 5 T d’huile, 12 T de poulet et 300 kits (tentes et  divers matériels) pour les distribuer aux populations sinistrées.

Deux jours après ces pluies diluviennes, les rossossois craignent le pire. Les fosses septiques sont pleines et se déversent dans les rues ; des rues transformées en fleuves où se mêlent allègrement toutes les saletés de la ville. Les magasins sont en rupture de stock pour bottes. Et il faut pourtant circuler dans les rues transformées en fleuve, dans cet immense cloaque où l’on retrouve toutes les saletés imaginables. Les rossosois scrutent le ciel et sont inquiets. Les stratus,cumulus et autres nuages qui se forment dans le ciel n’inspirent guère confiance.

Quarante huit heures après les premières pluies les autorités administratives continuent à tenir des réunions. Si le wali mouçaïd Mohamed Abdallahi Ould Leghnim est prompt à donner des informations à la presse, il faut dire qu’il y a un déficit de communication. Il faudrait sans instituer un point de presse hebdomadaire pour que les autorités rendent compte régulièrement de la gestion des affaires publiques.

Djigo Aboubakry

aboubakry_d@yahoo.fr

 

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