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Rapatriés : essoufflement du processus ? 8 juillet, 2008

Posté par Aboubakry dans : actualités , ajouter un commentaire

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Le premier contingent de rapatriés est arrivé le 29 janvier 2008. Autant les autorités et les bonnes volontés s’étaient penchées sur les premières vagues de rapatriés rentrées au pays autant les dernières sont accueillies dans l’indifférence. Après l’euphorie et la chaleur des premiers retours la machine s’est comme grippée et avec la routine, les derniers rapatriés ont le sentiment d’être abandonnés. Ils font face désormais à une situation des plus critiques : aucune couverture médicale, constructions arrêtées, pas de latrines pour beaucoup, une ration alimentaire maigre, peu d’activités génératrices de revenus et surtout avec l’hivernage qui s’installe,  une précarité qui s’accentue. Le désespoir et la désillusion, voila les sentiments qui animent les rapatriés.

hangar1.jpg Monsieur Mbodj que nous avons trouvé la semaine dernière au site d’accueil de Rosso-lycée, situé à la sortie est de Rosso, à environ deux kilomètres de l’ancien lycée est très déçu. Les 9 premières familles arrivées dans ce site avec la deuxième vague ont obtenu leurs permis d’occuper. Huit d’entre elles ont eu droit à une construction : une chambre de 5m sur 4, pas de latrines jusqu’à présent. La neuvième famille a eu droit à un hangar. Car désormais les constructions sont arrêtées, il n’y aura plus que des hangars et encore ! Pour avoir droit à un hangar il faut que la famille compte au moins quatre personnes. En d’autres termes, un couple qui n’aurait qu’un enfant sera condamné à rester dans les tentes données par le HCR. Des tentes qui ne protègent ni du soleil ni de la pluie.

En plus des neuf familles arrivées dans la deuxième vague, il y a quinze familles (53 personnes) qui attendent depuis leur arrivée. Aucun permis d’occuper n’a été signé depuis plusieurs semaines. On nous aurait dit que le wali doit aller en mission et qu’il ferait le nécessaire à son retour. En attendant, les rapatriés doivent endurer les dures conditions qui sont les leurs.

La maigre ration alimentaire distribuée par le Pam est épuisée depuis belle lurette et les rapatriés qui tirent le diable par la queue pour se nourrir ont du mal à nourrir les vaches laitières qu’ils ont reçues ; certains sont tentés de les vendre.

Il est vrai que le premier contingent a été bien traité : ils n’étaient pas nombreux et des bonnes volontés ont apporté leur aide ; mais cet élan de solidarité semble s’être essoufflé : l’arrivée des rapatriés est devenu un non évènement. Ce qui est inquiétant c’est que si les conditions des rapatriés ne sont pas améliorées dans l’immédiat, c’est tout le processus qui sera mis en péril. Après tout seul un quart environ des quelques 20 000 recensés est arrivé. Il ne faut surtout pas que les autres se découragent et choisissent de rester dans leur terre d’asile.

Djigo Aboubakry 

 (source; La Tribune n° 407)

 

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